Orange

Le cuivre sous haute tension

Dans un rapport publié jeudi 8 avril, l’Arcep dénonce à nouveau le caractère « vieillissant » du réseau cuivre d’Orange et une qualité de service « particulièrement dégradée à certains endroits ». Dans le même temps, une mission parlementaire signale « la colère montante issue des territoires, en particulier hyper-ruraux, qui subissent depuis des années la dégradation de l’entretien et de la maintenance du réseau historique sur cuivre ». Elle estime qu’Orange « est insuffisamment incité à remplir ses obligations avec sérieux » et propose d’instaurer un système de sanctions.
A FOCom nous déplorons depuis longtemps le manque de moyens internes dévolus au réseau et son abandon à la sous-traitance, responsables d’une dégradation inadmissible du service rendu aux clients. Mais nous dénonçons également les injonctions paradoxales dont l’opérateur historique est en permanence l’objet : déployer rapidement la fibre, sur fond de concurrence exacerbée, tout en maintenant, seul, un réseau cuivre fortement dégradé, extrêmement coûteux pour une population marginale, et voué à une extinction la plus rapide possible. Plus que de menaces et de nouvelles sanctions n’est-ce pas d’une politique de soutien à l’investissement et à l’emploi dont a besoin Orange, tournant enfin le dos aux orientations ultralibérales qui fragilisent  le secteur des télécoms ?

Orange s’engage dans l’e.santé

Sanofi, Capgemini, Generali et Orange ont annoncé le 25 janvier la création d’une société commune en France pour mutualiser leurs expertises dans le domaine de la santé et du numérique. « L’ambition est d’accélérer le développement de solutions concrètes en matière de santé et leurs mises à disposition sur le marché au bénéfice des patients », ont détaillé les quatre entreprises qui prévoient un investissement initial de 24 millions d’euros. Ce projet d’une ampleur unique en Europe rassemblera les meilleures expertises scientifiques et technologiques françaises et européennes, avec  une plateforme numérique opérationnelle en juin et un lieu physique à Paris en décembre. A l’heure où la pénurie des doses de vaccins anti-Covid met en lumière les carences de la recherche médicale et du système de soin en France et dans la communauté européenne, on ne peut que se féliciter de cette initiative axée sur la recherche et le développement concentrés sur des thèmes ciblés pour une ou deux années et qui pourront « s’articuler autour d’une technologie, d’une pathologie, d’une population de patients ou être en lien avec un sujet de santé publique « .

Orange Concessions : les vrais enjeux

Afin de soutenir son investissement dans la fibre optique dans les zones moins denses et de mieux valoriser ses infrastructures, Orange avait annoncé la création d’une filiale Orange Concessions à laquelle pourraient se joindre des investisseurs. Vendredi la Direction a annoncé la cession, pour fin 2021, de 50 % d’Orange Concessions, valorisée à 2,675 milliards d’euros, à un consortium formé par La Banque des Territoires (Caisse des Dépôts), CNP Assurances (CNP) et EDF Invest. Concernant le danger de perdre la maîtrise de sa filiale qui sera le premier opérateur en France des réseaux de fibre optique jusqu’à l’abonné (FTTH), la Direction se veut rassurante : Orange « disposera d’une option d’achat à terme lui permettant de prendre le contrôle et de consolider Orange Concessions“.
L’enjeu ne concerne en effet que le contrôle d’Orange Concessions. C’est important car OC a vocation à devenir le premier opérateur en France des réseaux de fibre optique jusqu’à l’abonné (FTTH). Mais ces réseaux sont déployés et opérés par divers opérateurs en concurrence pour le compte des collectivités territoriales ce qui veut malheureusement dire que les infrastructures déployées par Orange à travers les RIP ne lui appartiennent pas. Car, et on ne cesse de le regretter, le gouvernement a fait le choix, dès 2012, de l’émiettement du réseau FTTH en dizaines de réseaux d’initiatives publiques (RIP) qui relèvent des collectivités territoriales… avec la gabegie que l’on sait en termes de finances publiques dilapidées et de mise en œuvre retardée. Reste que, pour FOCom, Orange doit absolument conserver la maîtrise de son cœur de métier et de ce qui fait « sa différence », ses réseaux et ses infrastructures, son appareil industriel efficace et éprouvé avec lequel l’entreprise doit continuer à assurer le déploiement et la maintenance. Et nous nous opposerons de toutes nos forces à toute velléité de scission ou de bradage de ses meilleurs atouts. Il en va de son avenir et de celui de son personnel.

Vœux de Stéphane Richard. Chiche M. le Président !

Au cours de ses vœux Stéphane Richard salue l’engagement des salariés d’Orange qui ont fait preuve d’agilité lors de l’année écoulée. Il utilise le terme de « héros du réseau » pour le travail accompli par nos techniciens. Concernant l’avenir, il affirme que le premier défi sera humain et que ce sera à nous d’apporter de nouvelles réponses pour réinventer notre collectif et nos modes de travail et tendre vers encore plus d’agilité. Il insiste sur la nécessité de tirer profit de la digitalisation pour notre organisation et améliorer l’expérience client grâce au recours croissant à l’intelligence artificielle. Enfin il termine par le vœu d’une année plus sereine et généreuse.
Alors chiche M. le Président ! Vous reconnaissez l’implication de tous lors de cette année ô combien exceptionnelle. Alors soyez à notre écoute quand doivent s’ouvrir des négociations essentielles pour les salariés sur les rémunérations, le télétravail, l’intergénérationnel ou la GPEC. Si les résultats de l’entreprise permettent d’augmenter le dividende à hauteur d’un demi milliard cette année, ils doivent, a fortiori, permettre d’améliorer le quotidien des salariés qui en sont les artisans. Octroyez les moyens nécessaires pour mettre réellement l’humain au cœur des priorités de l’entreprise. Tels sont les vœux que nous formulons Monsieur le Président.

Orange Marine : et si nous relocalisions

Orange a annoncé en grande pompe la commande de son nouveau navire câblier. Si on peut se féliciter qu’Orange Marine se donne les moyens de ses ambitions internationales au travers de la pose de câbles sous-marins, créneaux dans lequel nous sommes leaders, nous pouvons nous étonner du choix du chantier naval. En effet, alors que les politiques appellent à la relocalisation de nos industries pour soutenir l’économie française, la construction de ce nouveau navire est prévue au Sri Lanka. Vincent Faujour, administrateur du groupement professionnel du secteur regroupant 197 entreprises françaises de conception et fabrication de bateaux alerte : « On n’a pas grand-chose qui rentre. On exécute les carnets de commandes mais, sans nouveaux contrats, la situation pour beaucoup, va devenir compliquée ». FOCom exige des actes en cohérence avec les déclarations et les bonnes intentions affichées d’ « Orange entreprise citoyenne ». En particulier la relocalisation des activités pouvant l’être. D’autant plus en cette période de chômage accentué par la crise sanitaire.