Secteur Télécoms

Salariés kleenex à SFR

La crise sanitaire a décidément bon dos ! Certaines entreprises, qui tirent parfaitement leur épingle du jeu, prennent prétexte du Covid pour imposer rigueur salariale voire plans sociaux. C’est ainsi que SFR  vient d’annoncer la suppression de 1700 postes sur 9500, soit 18% des effectifs. Pourtant, à SFR comme ailleurs, les salariés se sont fortement impliqués malgré la crise actuelle, ce qui a permis une progression de 2,4% de son chiffre d’affaires en 2020, à 10,4 milliards d’euros et une amélioration de sa marge nette. Le groupe devrait en outre empocher 2,3 milliards d’euros, fruit de la cession de sa participation dans sa Tower Co Hivory.
Comble du cynisme, SFR prévoit d’embaucher 1.000 jeunes sur 4 ans… En prévision d’un énième plan social d’envergure ?

Huawei, une éviction pas si innocente

La Commission européenne a mandaté l’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité (ENISA) d’élaborer « un système de certification », commun à tous les Etats membres, pour les réseaux 5G. L’objectif est de remédier aux vulnérabilités techniques de ces réseaux et améliorer leur cybersécurité. En parallèle, l’équipementier chinois Huawei, accusé d’espionnage pour le compte de Pékin, se fait évincer de la majorité des réseaux 5G européens. En France, le Conseil constitutionnel a validé la mise en place d’un régime d’autorisation préalable pour exploiter des équipements, tels que les antennes-relais, permettant l’accès aux réseaux de communications mobiles. Désormais, au nom de la sécurité nationale, les pouvoirs publics ne délivreront pas de prorogation aux opérateurs français souhaitant acheter des équipements 5G à Huawei. Et ils devront renouveler intégralement le matériel acheté à cet équipementier. En revanche les concurrents, essentiellement nord-américains, de Huawei récupèrent la mise. Et chacun sait qu’avec les USA il n’y a aucun souci de souveraineté ou de sécurité ! Il n’y a qu’à voir les révélations du lanceur d’alerte Edward Snowden sur les programmes de surveillance de masse des États-Unis… et ce qu’il lui en coûte.

Facebook pousse ses utilisateurs à accepter le tracking publicitaire

L’Anti Tracking Transparency (ATT) stipule que : « Toute forme ou tout mécanisme de suivi d’un utilisateur, à des fins publicitaires, ou de partage d’informations auprès de courtiers en données, devra passer par une demande d’autorisation. Tout manquement constituera une infraction à la politique de l’App Store… et sera un motif de suppression de l’application. » Du coup, Facebook incite ses utilisateurs à accepter, via une fenêtre dédiée, la récolte de données en leur expliquant qu’ainsi les annonceurs publicitaires pourront mieux les cibler et donc les bombarder de propositions plus adaptées. Facebook ou le monde merveilleux des victimes consentantes de leur propre matraquage publicitaire ciblé ! Dans la même logique qu’en 2004, quand Patrick Le Lay, PDG de TF1, vantait, décomplexé : « que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible ».

CSF/ARCEP : quelle stratégie pour le numérique ?

Mis en place en 2018, le Comité Stratégique de Filière « infrastructures numériques » est constitué de 130.000 entreprises du secteur, de fédérations professionnelles comme la Fédération Française des Télécoms (FFT) et syndicales comme FOCom, ainsi que d’associations représentatives des collectivités. Son objectif est d’œuvrer au « développement d’usages innovants dans les territoires au service de tous ». Et il est notable que sa logique est diamétralement opposée à celle de l’ARCEP. Là où le gendarme des télécoms régule par la concurrence commerciale et technologique le seul domaine de la communication, usant et abusant du bâton contre les opérateurs et tout particulièrement Orange, le CSF numérique s’attache à créer une synergie et des solidarités entre tous les acteurs du secteur, depuis l’entreprise du bâtiment qui creuse les tranchées jusqu’à l’opérateur qui construira et maintiendra le réseau en passant par la start-up conceptrice de nouveaux services, les intervenants gérant le data center ou les experts de la sécurité. Il s’agit pour FOCom d’appuyer une dynamique de développement d’une filière d’avenir, porteuse de souveraineté industrielle et technologique, dans une logique de service public c’est-à-dire au bénéfice de tous les citoyens de tous les territoires.
FOCom vient de signer l’avenant au contrat de 2019 avec l’ensemble des acteurs et le ministère. Cet avenant se donne pour objectif de faire émerger de nouveaux projets numériques de territoires intelligents, de favoriser la transition écologique notamment avec le projet de « 5G verte » mais aussi de mettre en œuvre le plan Engagement Développement et Compétences (EDEC). Celui-ci a pour but de renforcer l’adéquation entre emploi et compétences, d’identifier les nouveaux métiers, de déployer les formations professionnelles nécessaires et de faire émerger de nouvelles certifications tout en mettant l’accent sur la parité, l’embauche des jeunes et les reconversions professionnelles.

Fin de match dans les discussions entre Orange et Free sur une mutualisation du réseau 5G

« Constatant une divergence de stratégie de déploiement » Orange a annoncé jeudi 28 janvier avoir mis fin aux discussions engagées avec son concurrent Free sur un accord de partage de réseau mobile 5G. Après avoir versé quelque 2,8 milliards d’euros à l’État pour s’emparer de « blocs » mis aux enchères début octobre, les opérateurs peuvent jouir de leurs fréquences 5G depuis le 18 novembre. Au nom de « l’aménagement numérique du territoire », SFR, Free, Bouygues Telecom et Orange devront respecter un ensemble d’obligations fixées par le régulateur des télécoms dans le déploiement de leurs antennes 5G : chaque opérateur devra implanter 3.000 nouveaux pylônes d’ici 2022, puis atteindre 8.000 en 2024 et enfin 10.500 en 2025.  Implanter 10.500 antennes 5G, ça va être compliqué pour Free qui se retrouve seule face à ses responsabilités et à ses engagements liés à l’achat des licences. Mais pour FOCom, ce n’est pas une si mauvaise nouvelle car si régulation il  y a, tout le monde doit jouer avec les mêmes règles !