Vie au travail

PDM dans les starting blocks

FOCom avait négocié et signé un accord Plan De Mobilité (PDM) en avril 2018 marquant son engagement tant sur les conditions de transport des salariés que sur la préservation de l’environnement. Et ce, bien avant que la loi du 24 décembre 2019 d’orientation des mobilités (LOM) n’impose aux entreprises d’inclure le sujet de la mobilité durable dans leurs négociations.
Aujourd’hui l’accord Orange vient à échéance et une nouvelle  négociation débute. L’accord à venir devra inclure le forfait mobilité prévu par la LOM. D’un montant maximum de 500 € par an au 1er janvier 2021, il peut couvrir les frais d’utilisation d’un vélo personnel (et d’un engin de déplacement personnel motorisés (EPDM) comme la trottinette électrique personnelle à compter du 1er janvier 2022, le service de mobilité partagée de véhicules et 2 roues à faibles émissions, les frais de co-voiturage en tant que conducteur ou passager, l’utilisation de transport en commun hors abonnement. Le forfait mobilité inclut le remboursement obligatoire de 50% des abonnements de transports en commun et il est compatible avec les autres mobilités. A noter qu’il n’y a plus de contrainte de kilomètres parcourus ni d’interdiction du cumul de subvention sur un même kilomètre (cas de l’Indemnité Kilométrique Vélo actuelle et du transport en commun).
Tout en continuant à contester l’ancrage territorial, les grands projets immobiliers, la fusion des UI et les fermetures de boutiques qui rallongent, entre autres inconvénients, les temps de transport, FOCom souhaite au final un accord PDM équitable tenant compte des spécificités de chaque territoire, stable, durable, promouvant les transports doux et la multimodalité des usages. Tout en déployant les moyens nécessaires en termes de communication mais également en termes financiers afin de le rendre lisible et accessible pour tous les salariés.

Compte personnel de formation : mêmes droits pour tous

Contrairement aux salariés de droit privé, les fonctionnaires ne peuvent disposer à leur guise de leur compte personnel de formation. En effet, la formation  choisie doit obligatoirement être liée à un projet professionnel au sein ou en dehors de l’entreprise et validée par leur manager. Nombre de fonctionnaires se retrouvent en fin de carrière avec des droits qu’ils ne peuvent utiliser, malgré l’intérêt de ces formations pour leur avenir. Les droits au moment du départ à la retraite sont purement et simplement annulés et Orange économise les sommes liées aux heures de formation non payées. FOCom a demandé à la Direction, qu’à l’instar des salariés de droit privé, les fonctionnaires puissent bénéficier librement de leur compte formation et ce y compris pendant le TPS. A défaut, nous demandons à l’entreprise le versement d’une compensation, au moment du départ à la retraite, correspondant au montant restant sur ce compte.

Télétravail : la réponse du DRH

Le DRH a répondu ce 29 décembre à notre courrier du 22 octobre concernant les dysfonctionnements relatifs au télétravail. Il reconnaît que, pour la mise en œuvre  du télétravail occasionnel élargi, les « orientations n’ont pas toujours été bien comprises et mises en œuvre dans les délais et selon le mode opératoire souhaités » et que les délais de traitement des demandes de télétravail régulier « n’a pas été entièrement satisfaisant, en particulier pour les demandes des primo accédants ». FOCom souligne qu’un des motifs de mécontentement des salariés est le refus quasi systématique de leur accorder 3 jours et le non respect des délais de réponse et de mise en œuvre, toutes choses prévues dans l’accord en cours. Concernant le matériel ergonomique, le DRH admet que « les pratiques ne sont pas toujours homogènes et nécessiteront d’être adaptées, ce sujet sera un des thèmes majeurs à partager dans le cadre de la future renégociation sur le télétravail en 2021 ». Quant au défraiement des télétravailleurs il confirme « le principe d’un défraiement de 15€ par mois de confinement pour tous les salariés en situation de télétravail généralisé ». Pour FOCom cette mesure est insuffisante : le défraiement doit couvrir toute la période de télétravail et concerner également les salariés qui télétravaillent moins de 5 jours. Que l’on soit confiné ou pas, le télétravail occasionne des frais qui doivent être pris en charge par l’entreprise. C’est la règle.

L’immobilier au service de l’humain

Orange vient d’annoncer la reconduction des baux de deux bâtiments d’Ile-de-France représentant plus de 50.000 m2, l’un situé à Arcueil pour 12 ans et l’autre à Montrouge pour 6 ans. Cette nouvelle ne peut que nous rassurer. Nous déplorons en revanche que la Direction ne tire pas les leçons de la crise sanitaire concernant les grands projets immobiliers et l’aménagement des locaux. En effet, à l’inverse d’autres sociétés qui repensent leurs espaces de travail, Orange maintient le flex-office et les open spaces. FOCom insiste pour que la Direction revoie les aménagements – macros et micro-zoning des surfaces – et qu’elle cesse, durant la pandémie, les réorganisations et les déménagements, ceux-ci générant un supplément de stress et d’incertitude. Orange doit tenir compte des préconisations des experts, confirmées par l’épidémie, et des aspirations des salariés à disposer d’espaces personnels.

Détresse psychologique : les jeunes, les femmes et les managers les plus touchés

La santé mentale des salariés n’a jamais été aussi basse depuis le début de la crise sanitaire et particulièrement depuis le deuxième confinement, les jeunes, les femmes et les managers étant les plus touchés par la détresse psychologique, selon un baromètre réalisé par Opinionway pour le cabinet Empreinte Humaine et présenté ce mercredi.

La détresse psychologique est un indicateur utilisé pour diagnostiquer les troubles mentaux. Elle regroupe des manifestations de désespoir, de nervosité, d’agitation et de dépression. Elle favorise les troubles anxieux et de l’addiction et peut engendrer des conséquences physiques comme les AVC ou l’hypertension.
Selon ce baromètre, la moitié des salariés sont en situation de détresse psychologique, dont 20% en détresse élevée, avec un risque important de développer un trouble mental sévère. 31% risquent la dépression.

« En perte de repère, vivant plus fortement l’effet du confinement, de l’insécurité économique et de l’isolement social », les moins de 29 ans sont les plus intensément touchés et affichent un taux de détresse psychologique de 70%.

Charge mentale, responsabilité familiale, culpabilité : la santé psychologique des femmes salariées se détériore substantiellement avec 58% de détresse psychologique. Elles sont 1,5 fois plus à risque que les hommes en termes de détresse psychologique élevée.
Les managers, qui « manquent de formation » sur ces questions, sont aussi fortement touchés avec 56% en détresse psychologique.

Les alertes mises en évidence dans ce baromètre doivent évidemment être prises au sérieux et des mesures de fond mises rapidement en œuvre.
Au niveau d’Orange, nous alertons à nouveau la direction sur la nécessité de ne pas en rajouter sur la crise sanitaire. Lever le pied sur ses réorganisations, déménagements et autres projets anxiogènes. Etre dans un dialogue social beaucoup plus attentionné et ouvert. Ne pas aller au bras de fer comme à PRO/PME. Entendre les inquiétudes des vendeurs en boutique. Traiter les « cas individuels » en manifestant confiance et bienveillance (comment comprendre que des demandes de télétravail jusqu’à présent acceptées soient maintenant refusées ?). Se rappeler que ce sont souvent les « petits » irritants qui empoisonnent notre vie quotidienne et les « petites » attentions qui illuminent nos journées.