Actu générale

Réunion en téléconférence entre le Président de la République et les interlocuteurs sociaux

Samedi matin a eu lieu une réunion en audioconférence entre le Président de la République, le Premier Ministre et les ministres du Travail, de la Santé, de l’Économie et des Finances, de l’Agriculture et porte-parole du gouvernement. Parmi les interlocuteurs sociaux étaient présents les secrétaires généraux ou présidents des confédérations syndicales et des organisations patronales nationales ainsi que de la FNSEA.
Au-delà des échanges, nous avons pu noter quelques éléments de réponses soit du Président (PR) soit des ministres :

  • Sur la question des moyens de protection, le PR a indiqué « qu’il n’excluait aucune réquisition si nécessaire », mentionnant les cas d’entreprises qui potentiellement peuvent produire ces moyens (masques, gels, gants, parois, respirateurs) mais ne le font pas ou celles qui produiraient pour l’exportation ; considérant que le risque épidémique devrait désormais être pleinement intégré à l’avenir, la volonté semble aller dans le sens d’une relocalisation des productions nécessaires
  • Sur la question des secteurs essentiels, le PR semble moins fermé à une approche plus stricte vis-à-vis des entreprises qui, non indispensables, ne sont pas en capacité d’assurer la sécurité des salariés ; à ce sujet la Ministre du Travail indique que les guides de bonnes pratiques en cours de réalisation par secteurs d’activité seraient opposables et que leur non-respect serait considéré comme manquement de l’entreprise ; les employeurs comme le Ministre de l’Économie estiment qu’on approche d’une situation équivalente à l’Italie, le Medef estimant par comparaison que 80 codes NAF seraient actifs en Italie contre 100 en France, la Ministre du Travail indique, elle, que l’on est aujourd’hui à 150 000 entreprises en activité partielle, ce qui représente 1,5 million de salariés
  • Sur la question des dividendes, le Ministre de l’Économie a indiqué qu’il ferait des « propositions formelles » visant à interdire qu’une entreprise bénéficiant d’une aide de l’Etat en ce moment puisse verser des dividendes ; nous n’avons pas eu de réponse sur notre demande d’une fiscalité sur l’argent qui dort ou spécule, nous y reviendrons
  • Concernant l’hôpital, et le décalage entre le discours et les actes, le PR a répondu que sur ce secteur « et plus largement », il « partageait le besoin de réponses à court terme et structurelles » et qu’à cette fin « un échéancier et les moyens » seraient précisés ; le matin le Ministre de la Santé recevait de son côté en audioconférence les syndicats
  • Concernant l’ordonnance sur les congés payés, durée du travail et jours de repos, la Ministre du Travail, après l’audioconférence de la veille, a indiqué que les décrets seraient limités aux activités concernées et limités dans le temps ; nous avons maintenu que c’était une erreur que nous contestions et que nous serions vigilants
  • Concernant notre alerte sur les risques et constats de flambée de prix sur des produits de première nécessité, notamment en Outre-Mer, le PR a répondu qu’ils allaient immédiatement mobiliser la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF).

Réaction FO suite à l’allocution du président de la République

La Confédération FO constate que le président de la République met – à juste titre – l’accent prioritaire et avec force sur les mesures indispensables à endiguer l’épidémie de Coronavirus. Il s’agit en premier lieu d’éviter la propagation et ainsi l’engorgement des services de santé dont les personnels, soignants et non soignants, sont surmobilisés malgré une situation tendue de longue date.

FO se félicite que, dans ce contexte, l’apaisement et la sagesse l’emportent avec l’annonce de la suspension des réformes en cours, dont celle des retraites après le report ce matin de celle de l’assurance chômage. FO avec l’intersyndicale avait elle-même pris l’initiative de reporter les mobilisations à ce sujet.

L’effort massif de l’État en faveur de la préservation de l’économie et des emplois est confirmé. Il doit se traduire en retour par une attitude systématique des employeurs en faveur des salariés (complément de l’indemnisation fixée à 84% du salaire net en cas de chômage partiel, assouplissement de l’organisation du travail tenant compte de la situation).

FO se félicite d’avoir été entendue concernant un dispositif analogue à l’activité partielle pour les emplois de services à la personne, annoncé ce matin. FO avec ses syndicats s’attend à ce que les entreprises – comme elles y sont appelées explicitement – assument pleinement et puissent assumer pleinement leurs responsabilités, a fortiori dans la mesure où tous les moyens seront mis en œuvre. A ce sujet, FO a demandé ce matin, dans le cadre d’une réunion, avec la ministre du travail que soient examinées toutes les mesures afin d’amplifier la mise à dispositions des moyens nécessaires (production et fournitures de protections, consignes précises sur les dispositions à prendre – distances, mode opératoire de lavage et désinfections, …).

Tout doit être mis en œuvre pour que les salariés devant travailler soient protégés et ainsi rassurés. A ce sujet, si l’on ne peut que souligner et approuver pleinement l’hommage rendu aux personnels soignants, sapeurs-pompiers et aux personnels de la sécurité civile, il faut y joindre toutes celles et tous ceux, travailleurs et travailleuses, qui concourent au fonctionnement de l’économie indispensable (salariés de l’agroalimentaire, du commerce, des services aux entreprises dont le nettoyage, la sécurité, agents des services publics en charge de l’emploi, de l’économie, salariés des transports, de l’énergie…).

31 mars : journée nationale de grève

Des manifestations, actions, sans précédent ont eu lieu ce 8 mars journée internationale des droits des femmes. Elles ont exprimé le refus des violences faites aux femmes. Elles marquent la détermination à exiger l’égalité et cette année tout particulièrement à  faire tomber ce système de retraite par point qui pénalisera particulièrement les femmes.

Les organisations syndicales et de jeunesse CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, MNL, FIDL appellent dans la continuité de cette dynamique, et de celle de  ce  mouvement social inédit entamé le 5 décembre, à poursuivre les  mobilisations locales et sectorielles partout sur le territoire.

L’intersyndicale appelle à faire du 31 mars une journée nationale de grève. Elle  appelle ce jour-là les travailleuses et travailleurs à une journée de grève interprofessionnelle et à organiser partout des actions (rassemblements, blocages, occupations…) et manifestations. Elle appelle les jeunes à se mobiliser sur leurs lieux d’études, à organiser des actions locales et à participer massivement aux  manifestations.

La bataille des retraites est loin d’être terminée et l’intersyndicale construira les suites jusqu’au retrait du projet.

Le positionnement de FO sur la situation

Veuillez trouver la Déclaration de la Commission exécutive confédérale du 19 février 2020.

Elle rappelle, après une analyse de la situation que « FO n’est pas dupe de l’opération menée dans le cadre de ladite conférence de financement qui, dans de telles conditions, ne peut conduire qu’à une impasse dans laquelle elle ne se laissera pas enfermer. La Commission exécutive donne mandat en conséquence au Bureau confédéral pour décider d’en sortir le moment opportun.
FO réaffirme sa détermination à maintenir la mobilisation, engagée par la grève le 5 décembre, contre le projet de système universel de retraite par points pour en obtenir l’abandon. »

Journée des droits de l’Homme

La Journée des droits de l’homme est célébrée chaque année le 10 décembre, jour anniversaire de l’adoption en 1948 par l’Assemblée générale des Nations Unies de la Déclaration universelle des droits de l’homme, un document fondateur qui a proclamé les droits inaliénables de chaque individu en tant qu’être humain, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. Cette déclaration est la première reconnaissance universelle du fait que les libertés et les droits fondamentaux sont inhérents à tout être humain, qu’ils sont inaliénables et s’appliquent également à tous, que nous sommes tous nés libres et égaux en dignité et en droits.