Actu générale

Pas de « coup de pouce » au Smic

Dans la foulée du « groupe d’experts » qui recommande de ne pas donner de coup de pouce au Smic, le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire s’est également dit opposé à une augmentation allant au-delà de la revalorisation automatique du salaire minimum en début d’année. Le 1er janvier 2019, cette revalorisation avait été de 1,5%. A rapprocher des 12% d’augmentation des revenus des patrons du CAC40 en 2018, ce qui les porte à 277 SMIC en moyenne. Un record depuis 2003 qui continue de creuser l’écart entre les ultra riches et le reste de la population.

Les réformes fiscales ont d’abord profité aux plus riches

Les Français les plus aisés ont été les principaux bénéficiaires des mesures fiscales mises en oeuvre en 2018, selon l’édition 2019 de l’étude de l’Insee « France, portrait social ».
– Impôt de solidarité sur la fortune remplacé par un impôt sur la fortune immobilière
– mise en place d’un prélèvement forfaitaire unique (« flat tax ») de 30% sur les revenus du capital
– réduction de la taxe d’habitation 
– transfert d’une partie des cotisations sociales vers la CSG (contribution sociale généralisée) qui a pénalisé les retraités…
L’effet consolidé de ces mesures destinées en théorie à encourager l’investissement, la croissance et l’emploi, a conduit à une hausse globale du niveau de vie de 1,1%, mais cette augmentation s’est élevée à 1,4% pour les 10% de Français les plus aisés.
Les mesures socio-fiscales mises en oeuvre en 2018 font augmenter le niveau de vie beaucoup plus fortement sur cette catégorie (+790 € par an en moyenne), que pour le reste de la population (+130 à +230 € en moyenne par an).

Un G7 contre les inégalités ?

Le G7 qui réunit les sept chefs des États parmi les plus riches du 24 au 26 août à Biarritz s’est donné l’objectif de « lutter contre les inégalités ». Emmanuel Macron a déclaré que ce sommet va « rendre le capitalisme plus juste », aller « vers la réduction des inégalités et la justice fiscale » et même « mettre fin à l’évasion fiscale ». Quel crédit peut-on donner à un président qui regrette qu’on mette « un pognon de dingue dans les minimas sociaux » et qui s’attelle à affaiblir méthodiquement la protection sociale, les services publics et le droit du travail ? Quel crédit apporter aux dirigeants du G7 pour lutter contre les inégalités alors que celles-ci augmentent dans la plupart des pays depuis une quarantaine d’années ? Selon la Banque mondiale, plus de 700 millions de personnes, soit 10% de la population mondiale, vivent avec moins de 1,9 dollar par jour. Et ce nombre repart à la hausse, tandis que les personnes qui souffrent de la faim sont de plus en plus nombreuses. Cela valait-il le coup (et le coût aussi !) de transformer Biarritz et la région en camp retranché au mépris de sa population et de dépenser « un pognon dingue » pour ne pas modifier d’un iota les politiques néo-libérales intrinsèquement porteuses d’inégalités sociales ?

Traité CETA, une lourde menace…

Les députés ont approuvé ce 23 juillet la ratification de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada par 266 voix contre 213. Il sera soumis au Sénat à une date encore indéterminée. L’accord qui entend supprimer notamment les droits de douane sur 98% des produits échangés entre les 2 zones. Négocié pendant plus de 7 ans, approuvé par le Parlement européen en 2017, il doit maintenant être ratifié par les 38 assemblées nationales et régionales d’Europe.
FO rappelle sa ferme opposition à ce nouveau projet de traité de libre échange qui menace l’agriculture et l’économie européennes et françaises. Celles-ci seraient en effet sacrifiées au nom d’un libéralisme sans barrière et sans régulation qui remet en cause les réglementations protégeant l’environnement, les droits sociaux et la santé. Le CETA prétend ainsi instaurer un système juridictionnel des investissements qui permet à une entreprise d’attaquer un Etat devant un tribunal arbitral d’exception si elle estime qu’une décision politique a lésé ses intérêts économiques (par ex. un Etat prenant des mesures contre le tabagisme pourrait être attaqué par une multinationale cigarettière). Outre l’invasion d’OGM, de pesticides et autres produits actuellement interdits dans nos régions, ce traité détruirait selon diverses études plus de 200.000 emplois en Europe…

Un million de travailleurs sous le seuil de pauvreté

La pauvreté et les inégalités ont augmenté en France ces dix dernières années, dénonce un rapport de l’Observatoire des inégalités publié mardi 9 juillet. Un million de personnes exerçant un emploi ont un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté – établi par l’Observatoire à 50% du revenu médian (soit 855 € par mois pour une personne seule) et à 60% par l’Insee (1.026 €).
Est notamment en cause la précarisation croissante de l’emploi avec l’augmentation depuis 2014 des contrats à durée déterminée, d’intérim et d’apprentissage. On compte huit millions de travailleurs précaires.
Ces constats nous confortent dans la condamnation des politiques menées par les différents gouvernements sous pression du patronat visant à « flexibiliser l’emploi » au nom d’une prétendue lutte contre le chômage. Le résultat est plus de chômeurs de plus en plus maltraités, plus de précarité et au final plus de pauvreté et d’inégalités tandis que profits et dividendes s’envolent.