Actu générale

Dividendes au top

Avec 1 370 milliards de dollars, les dividendes mondiaux ont atteint un nouveau record en 2018.

Non au racket de la Sécu

Depuis 1994, le gouvernement a l’obligation de verser aux caisses de Sécurité sociale le manque à gagner résultant des allégements de cotisations patronales de Sécurité sociale.
Les baisses de prélèvements obligatoires décidées par le gouvernement à compter de 2019, ne donneront pas lieu automatiquement à compensation. Ainsi l’exonération des cotisations au titre de la rémunération des heures supplémentaires (coût estimé : 2 milliards d’euros) sera financée exclusivement par la Sécurité sociale. Ce n’est pas à la Sécu de payer le prix d’une mesure gouvernementale, par ailleurs socialement très contestable puisque cette exonération d’impôt et de charges salariales pour les heures supplémentaires aura pour effet d’inciter les entreprises à augmenter la durée du travail, à ne pas embaucher et à faire supporter la hausse des salaires nets aux finances publiques… précisément à notre Sécurité sociale.

Annonces d’Emmanuel Macron : le compte n’y est pas

Emmanuel Macron a présenté un certain nombre de mesures pour tenter calmer la colère sociale. Le compte n’y est pas, a d’ores et déjà prévenu FO.
1. “Le salaire d’un travailleur au Smic augmentera de 100€ par mois dès 2019, sans que cela ne coûte un euro aux employeurs.”
Concrètement, la revalorisation automatique du Smic, devrait atteindre 1,8% cette année, soit environ 25€. Le reste sera compensé par l’augmentation d’une prestation sociale : la prime d’activité. Mise en place en 2016, cette prime a remplacé deux dispositifs, celui du RSA-Activités et la prime pour l’emploi. Problème : cette prestation est soumise à des conditions de ressources des ménages, ce qui veut dire que tous les Smicards ne la percevront pas. Notamment ceux dont le conjoint touche un salaire plus important. La limite étant 2.200€ de revenus pour un couple dont l’un travaille et 2.900€ pour un couple avec deux enfants dont les deux membres travaillent. Ajoutons, que 30% des personnes éligibles à cette prestation n’en n’ont pas fait la demande à la CAF ou à la MSA. La revalorisation de la prime d’activité jusqu’à 80€ qui devait s’étaler sur la durée du quinquennat devrait être avancée à fin janvier 2019. L’Élysée a ainsi indiqué que les 100€ d’augmentation comprenaient des hausses déjà prévues de la prime d’activité (30 euros en avril 2019, 20€ en octobre 2020 et 20€ en octobre 2021). Cette mesure permettra d’augmenter le pouvoir d’achat d’une partie des salariés rémunérés au Smic tout en étant indolore pour les employeurs. Le budget de l’État sera donc mis à contribution pour une augmentation des bas salaires et sera financée par les contribuables, notamment par les salariés imposables. Certains salariés vont bénéficier de 100€ de plus par mois, nous n’allons pas rejeter cela, mais il ne s’agit pas d’un coup de pouce au Smic, a réagi Yves Veyrier, secrétaire général de FO. Mais le problème que cela nous pose, c’est que cela n’enclenche pas une dynamique automatique de négociation dans les branches. Or ce sont toutes les grilles de salaire qu’il faut relever. Le 10 décembre, lors de la réunion à l’Élysée, Yves Veyrier a rappelé : On ne peut pas nous expliquer que la suppression de l’ISF – qui redonne d’une certaine façon du pouvoir d’achat aux plus riches – avait pour but de soutenir le financement de l’économie – ce qui n’est pas démontré – et nous le refuser quand il s’agit d’augmenter les salaires. FO maintient donc sa revendication d’une augmentation significative du Smic et du point d’indice dans la Fonction publique. La négociation collective de branche doit parallèlement retrouver sa place, et ouvrir très vite la perspective de négociations conduisant à l’augmentation des salaires.
2. “Les heures supplémentaires seront versées sans impôts ni charge dès 2019.”
Votées le 3 décembre dans le cadre du projet de loi de finances de la Sécurité sociale, la désocialisation des heures supplémentaires devait entrer en vigueur en septembre 2019. Emmanuel Macron en a donc avancé la date en y ajoutant la défiscalisation. Les cotisations salariales sur les heures supplémentaires seront supprimées pour tous les salariés, dans le privé comme dans le public. Le gouvernement reprend une mesure déjà mise en place en 2007 pendant la mandature de Nicolas Sarkozy. Un dispositif abrogé au début du quinquennat de François Hollande. Dans une étude publiée en juillet 2017, l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) avait estimé à 654 millions le nombre annuel d’heures supplémentaires dans le secteur privé en 2016. Il conclut que l’exonération de ces heures détruirait près de 19 000 emplois à l’horizon 2022 et coûterait près de 3 Mds € par an en moyenne au cours du prochain quinquennat. Mais, les pertes d’emplois pourraient être bien supérieure en se situant entre 38.000 et 44.000 postes en 2022, selon que le gouvernement décide, pour financer la mesure, d’augmenter la TVA ou l’impôt sur le revenu ou les cotisations sociales, ou de baisser les dépenses publiques. L’abaissement du coût de l’heure supplémentaire incite les entrepreneurs à allonger la durée du travail des salariés au détriment des chômeurs. Une véritable hécatombe pour l’emploi pour un gain financier dérisoire, puisque l’OFCE a estimé que cette mesure rapporterait entre 88€ et 120€ par an et par ménage. Bien loin des 200€ pour une personne payée au Smic annoncés fin août par Édouard Philippe. La mesure grève encore plus les comptes de la Sécurité sociale. Entre 2013 et 2018, le montant des exonérations a bondi de 34,23 Mds € à 62,55 Mds, soit 82,7% d’augmentation. Un taux qui risque de grimper encore plus en 2019, lorsque les 20 Mds € du CICE seront transformés en allègement de cotisation sociale. Certes, l’État compense une partie des exonérations mais rien que pour 2018, ce sont 8,7 Mds € de perte sèche pour les comptes sociaux et au minimum 60 Mds depuis 2013.
3. “Je demanderai à tous les employeurs qui le peuvent de verser une prime de fin d’année à leurs employés. Cette prime n’aura à acquitter ni impôts ni charges. »
Le président du Medef a d’ores et déjà prévenu que cette prime ne serait pas distribuée à tous les salariés. Et pour cause, elle est facultative. Cette prime sera bienvenue, a commenté Yves Veyrier au sortir du tour de table organisé au ministère du Travail le 7 décembre. Mais elle ne peut pas être la réponse à la question des salaires. Cette annonce d’Emmanuel Macron est à mesurer à l’aune d’une étude publiée en mai 2018, par l’Oxfam et Le Basic. De 2009 à 2016, sur 100€ de bénéfices les entreprises du CAC 40 ont en moyenne reversé 67,4€ de dividendes aux actionnaires contre 5,3€ aux salariés sous forme de prime.
4. “Pour [les retraités] qui touchent moins de 2000€ par mois nous annulerons en 2019, la hausse de CSG subie cette année. »
L’annulation de la hausse de la CSG concerne les retraités percevant 2.000€ par mois pour un retraité seul ou 34.200€ à deux par an, a indiqué Benjamin Griveaux sur BFMTV (soit 1.425€ par personne et par mois pour des pensions égales dans un couple). La déclaration du président de la République ne règle pas le contentieux entre les pouvoirs publics et les retraités, déplore l’Union Confédérale des Retraités (UCR-FO). Elle rappelle donc ses revendications : annulation de la hausse de la CSG ; revalorisation immédiate des retraites avec rattrapage des pertes subies ; pas de pension inférieure au Smic ; soutien aux établissements de retraite et création de postes pour parvenir à un ratio d’un agent par personne résidente ; prise en charge à 100% de l’autonomie des personnes âgées et handicapées par la Sécurité sociale ; défense des services publics et particulièrement de l’hôpital public. L’UCR-FO appelle à la mobilisation des retraités le 18 décembre à Paris devant le ministère de l’Économie à 14h et à des rassemblements dans toute la France.

Parmi les thèmes qui, pour FO, attendent des réponses urgentes : la fiscalité et les services publics. S’agissant de ces derniers, communication a été réitérée au président lors de la réunion du 10 décembre : FO appelle depuis longtemps à ce que cesse l’enchaînement sans fin des dites « réformes » de l’État et de la Fonction publique, jamais évaluées, essentiellement guidées par la réduction de la dépense publique – terminologie qui devraient être bannie – pour lui substituer celle d’investissement de la Nation pour l’égalité et la fraternité dont ont tant besoin nos concitoyens sur l’ensemble du territoire. Un débat doit s’engager sur les besoins aujourd’hui et sur les moyens et leur financement indispensable.
Quant à la fiscalité, FO conteste de longue date une fiscalité de plus en plus assise sur l’impôt indirect – les taxes – et sur une CSG proportionnelle et revendique une refondation de l’impôt progressif.

5 millions de Français vivent avec moins de 855€

L’Observatoire des inégalités a mis en évidence deux tendances : la pauvreté augmente en France et les plus jeunes sont en première ligne. Selon Noam Leandri, son président, «la société française souffre de l’écart entre les discours et les actes». Mettant en cause des «promesses non tenues» il affirme que «l’élitisme social français laisse trop de concitoyens sur le bord de la route». 5 millions vivent sous le seuil de pauvreté, soit 855€ par mois représentant 50% du revenu médian. L’autre constat alarmant est la situation de la jeunesse : 1,7 million d’enfants vivent dans un ménage avec un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté. Plus d’un jeune sur dix (moins de 18 ans) vit sous le taux de pauvreté. Et selon l’Insee, 30.000 enfants vivent avec un parent sans domicile fixe. Chez les jeunes adultes, sont en cause la détérioration du marché du travail (plus de 22% des moins 24 ans sont au chômage), la hausse des charges de logement, ou un manque de diplôme. 11,8% des 20-29 ans sont pauvres et ce sont souvent les moins diplômés. 84% des personnes vivant sous le seuil de pauvreté n’ont pas dépassé le bac et l’Observatoire pointe du doigt la faiblesse de la formation professionnelle chez les plus démunis.
Cela nous conforte, à FO, dans la persistance de nos exigences de revalorisation des rémunérations et des prestations sociales, de développement du logement social, de redynamisation de la formation professionnelle et de l’indemnisation des chômeurs. Toutes choses auxquelles le gouvernement s’attaque au contraire obstinément provoquant une colère légitime.

Non à toute violence faite aux enfants

Une des plus grandes violences faite aux enfants n’est-elle pas de les laisser vivre dans des taudis insalubres et dangereux (comme à Marseille) voire dans la rue (selon l’Insee, 30.000 enfants vivent avec un parent qui est sans domicile fixe), de ne jamais leur permettre de partir en vacances (1 sur 3), de voir leurs parents sans travail et sans ressources suffisantes pour financer leur cantine ou leurs fournitures scolaires ? Mais légiférer contre la fessée ne coûte rien alors que s’attaquer au chômage et à la pauvreté…