Conditions de travail

Conditions de travail : la direction dans le déni

Lors de la multilatérale Orange France du 5 octobre, en réponse à nos alertes concernant la dégradation des conditions de travail et du climat social dans de nombreux services, Fabienne Dulac a prévenu : « Nous ne sommes pas en crise sociale et soyons vigilants à ne pas faire de la surenchère. C’est notre responsabilité collective de bien diagnostiquer.” Le problème est que le diagnostic ne peut pas être partagé avec une direction campée dans le déni parce que obsédée par les économies à réaliser sur la masse salariale pour satisfaire les actionnaires. Ce sont les faits et il n’y a de surenchère ni de notre part ni de la part des professionnels de la santé lorsque nous dénonçons par exemple la situation des boutiques. Fabienne Dulac estime que le problème provient essentiellement de l’incivilité croissante des clients et qu’il ne faut pas hésiter à déposer des mains courantes. Analyse et solution qui ont l’avantage de ne pas mettre en cause les choix de l’entreprise : fermetures de boutiques et baisse des effectifs peuvent continuer! Nous pensons quant à nous qu’ils sont pour beaucoup dans le mécontentement des clients qui doivent faire des kms pour trouver une boutique et attendre 14:19 mns en moyenne pour être servis. Et qu’outre les relations avec les clients difficiles qui en résultent, le manque de personnel, la surcharge de travail et une reconnaissance insuffisante sont les principales causes de l’insatisfaction des salariés.

Droit à la déconnexion : du concret en justice

La Cour de cassation vient de condamner un employeur pour astreintes déguisées au motif qu’il obligeait son employé à rester joignable au téléphone en permanence pour pallier d’éventuelles urgences professionnelles. Cette décision de la plus haute juridiction crée une nouvelle jurisprudence pour le droit à la déconnexion. Si l’employeur peut organiser des périodes d’astreinte qui sont prévues dans le contrat de travail ou demander exceptionnellement à un employé d’être joignable en dehors de son temps de travail, en revanche, le caractère déguisé de l’astreinte est indéniable s’il est demandé de manière systématique de rester connecté en dehors des horaires de bureau.
A noter également que la décision de la cour d’appel de Paris de novembre dernier rend possible l’obtention de paiement d’heures supplémentaires si on reçoit des SMS ou des mails après le travail. Ainsi, en se basant sur des SMS et e-mails de son entreprise reçus pendant plusieurs années en dehors de son temps de travail, une ancienne assistante marketing a réussi à prouver que son employeur lui devait près de 900 heures supplémentaires.  La cour d’appel a condamné son ex-entreprise à lui verser près de 34.000 €.

SCO IdF : harmonisation LOG/DELOG

Attention danger, votre quotidien bouleversé !

Les 9 & 13 Juillet derniers a été présenté dans nos CHSCT un dossier sur les modalités d’application du Log/Délog dans notre unité. Prenant pour argument l’arrivée des conseillers d’Ivry sur le site de St Maur, la Direction à décider d’harmoniser au sein du SCO, les pratiques actuellement en cours sur les différents sites.

  • Aujourd’hui chacun son rythme…
  • Et demain…
  • FOCom déplore la méthode et défend vos droits !

Lire le tract : Harmonisation LOG/DELOG

Conditions de travail dégradées en France

Deux séries d’enquêtes mettent en évidence la très médiocre qualité des conditions de travail françaises, en voie de dégradation depuis 2005 et nettement moins bonnes que dans beaucoup d’autres pays européens. Une enquête européenne pointe la faible qualité du management français, d’ailleurs confirmée par de nombreuses enquêtes de terrain qui soulignent les graves défauts d’un management trop souvent incapable de connaître les contraintes réelles du travail concret et dès lors de fixer correctement les objectifs et de reconnaître comme il convient les salariés et leurs efforts. Une enquête française de 2016 (« Quelles sont les évolutions récentes des conditions de travail et des risques psychosociaux ? », Analyses n° 82, Dares, décembre 2017) confirme le haut niveau des contraintes auxquelles sont soumis les salariés, l’augmentation du travail dans l’urgence et le recul de l’autonomie au travail. Ces enquêtes montrent une très faible probabilité pour les salariés français (et une très forte probabilité pour les salariés danois, finlandais, suédois) de travailler dans des organisations permettant une forte participation. Cherchant à mettre en évidence les facteurs susceptibles d’expliquer la présence de telles organisations – associées à un plus grand bien-être et une plus grande satisfaction au travail, à un moindre absentéisme –, les auteurs trouvent une corrélation avec un unique facteur : la force des syndicats. Ils préconisent, pour éviter que ne se reproduisent des drames comme ceux de France Telecom, d’accorder une attention déterminante aux organisations du travail, de rendre obligatoire la consultation des salariés et de leurs associations aux décisions, d’accroître le nombre d’administrateurs représentant les salariés aux conseils d’administration, de faire respecter l’idée que l’entreprise n’est pas formée uniquement en vue de l’intérêt des associés. Ce que ne font aucune des réformes en cours qui visent l’inverse. Notamment à affaiblir les syndicats et à supprimer les instances représentatives du personnel.

« Technicien 100% digital » = technicien 100% fliqué ?

Á la manière d’Uber et de son système de commandes de véhicules par GPS, la direction d’Orange veut mettre en place un  service de géolocalisation et de notation de ses techniciens, via une application développée par Smartfix censée « améliorer l’expérience client lors des interventions ». Le client reçoit un SMS l’invitant à se rendre sur la web-app où il peut récupérer le prénom, la photo et la note du technicien ( !). Il peut suivre le trajet du technicien 20 minutes avant son RDV et noter l’intervenant le lendemain. « Techniciens 100% » est actuellement en test en UI Normandie, Paris et Sud Est… FOCom met en garde contre une digitalisation intrusive, voire liberticide, qui ne respecterait pas les préconisations de la CNIL et qui ne recevrait l’adhésion des personnels impactés.