Emploi

Chiffres de l’emploi à Orange – fin 2018

FOCom déplore une nouvelle érosion des effectifs. En 2018, les CDI actifs (80 441) ont baissé de 3,6 %, et ceux en ETPCDI (67 819) de 4,5% (-5% si on exclut l’intégration d’Equant en pro-format), soit -3 181 ETPCDI. La force au travail interne (69 791 ETP) a diminué de -5,5 %.
Tous les bassins d’emploi sont en diminution, avec un pic pour les bassins Est, Normandie-Centre et Nord qui perdent cette année encore plus de 6% d’effectifs CDI.
Nous déplorons également une augmentation de la sous-traitance qui atteint 30% : +2,7 % hors FTTH (23 660 soit 26%), +15% pour le FTTH (5 820).

Autres éléments notables :
– Le taux de féminisation est de 36,7 %.
– L’âge moyen CDI est de 49,1 ans.
– 6 293 sorties définitives CDI, portées majoritairement par 5 563 retraites.
– 1 698 recrutements externes en CDI à fin 12/2018 (versus 1 544 en 2017 et 2 124 en 2016).
– Temps Partiel Sénior (TPS) = 14 320 salarié(e)s, versus 15 136 en 2017 (-13,1 %).
– Temps Partiel Aidé (TPA), mécénat de compétences = 1884 salarié(e)s, versus 1 334 en 2017.
– 69 867 ETP internes : -5,5% versus fin 2017 (72 539). Rappel 2016 (76 792 ETP).
– 698 ETP en intérim : +12,5% versus fin 2017 (618). Rappel 2016 (604 ETP).
– 23 659 ETP en sous-traitance (hors réseau FTTH) : +2,7 % versus fin 2017 (23 481 ETP).
– 4 273 contrats d’alternance (3 073 apprentis + 1 200 contrats de professionnalisation), soit -3% versus fin 2017 (4 391). Rappel fin 2016 : 4 771.
– 2 116 conventions de stage (2 343 fin 2017, 2 286 fin 2016).
– 9,4% des salariés ont bénéficié d’une promotion (9,5 % en 2017), ce qui représente 7 528 salariés (7 960 en 2017, 7 116 en 2016). Le taux de féminisation des bénéficiaires est de 37,4 %.
– 6 546 mobilités (7 881 en 2017, 8 207 en 2016).
– 19 032 salariés sont à temps partiels (-10,9%) dont plus de 3/4 sont dans les dispositifs senior (-17,8 %).

A propos de l’échec des négos chômage

FO déplore l’échec des négociations lié à l’entêtement du patronat de refuser le bonus malus, système qui aurait permis de lutter contre la précarité des contrats courts et de responsabiliser les entreprises.
Notre priorité étant de sauvegarder les droits des demandeurs d’emploi et des salariés précaires, trop souvent des femmes et des jeunes à temps partiels avec un faible salaire.
Cette négociation était malgré tout mal engagée dès le départ au vu de la lettre de cadrage demandant des économies irréalisables de l’ordre de 3,9 mds d’euros en 3 ans.
FO est particulièrement préoccupée, à l’aune d’une reprise en main par le gouvernement de l’assurance chômage, par l’avenir de l’indemnisation des demandeurs d’emploi et l’incertitude de la volonté réelle de celui-ci de mettre en place le bonus-malus.

De l’argent pour les emplois c’est mieux que pour des amendes

Orange pourrait être sanctionné d’une amende maximale de 5 % de son chiffre d’affaires réalisé en France, soit près d’un milliard d’euros sur chacune des 2 récentes mises en demeure de l’Arcep. La première visait la qualité dégradée de son réseau cuivre. La deuxième concerne l’accès des autres opérateurs à ce réseau.
Pour répobdre à l’injonction du régulateur, Stéphane Richard avait annoncé fin novembre le recrutement de 200 techniciens supplémentaires et une hausse de 17% du budget de maintenance par rapport à celui de 2017 (environ 500 millions d’euros). Et 280 chargés d’étude sur le marché entreprise ont été recrutés depuis septembre, portant les effectifs de ces spécialistes des petites opérations d’infrastructure à destination des professionnels à 1.800.
Pas sûr (et c’est un euphémisme) que ces recrutements vont suffire à remettre en état un réseau de 30 millions de lignes cuivrées trop longtemps négligé et à améliorer les indicateurs de qualité des offres de gros. En effet, comme FOCom ne cesse de le dénoncer : le non remplacement des techniciens fragilise durablement notre force d’intervention et accélère la fuite irrémédiable de nos savoirs-faire. Si Orange ne parvenait pas à redresser la situation, il serait vraiment râlant d’avoir à payer les amendes colossales dont on est menacé. Cet argent aurait été mieux placé dans les milliers d’emplois que nous réclamons depuis des années !

Tout joue en faveur d’une ambitieuse politique de l’emploi

Selon les chiffres de la direction présentés au CCUES, après la suppression de 16.800 emplois temps plein (ETPCDI) entre 2016 et 2018, la chute des ETPCDI devrait atteindre 18.040 sur la période 2018/2022 : -4.840 pour 2018, -4.570 pour 2019, -3.950 pour 2020, -2.760 pour 2021, -1.920 pour 2022.
Le plus fort impact se situe sur Orange France avec une baisse de 14.770 ETPCDI à l’horizon 2022 soit 82% des départs. 41% des départs d’Orange France seraient portés par le domaine réseau, et dans 78% des cas par les Directions Orange. La sous-traitance, elle, passerait de 30% à 35% de la force au travail d’ici 2020 !
Si la direction ne modifie pas sa politique en matière d’emploi  cette nouvelle hémorragie va avoir des conséquences désastreuses tant pour le personnel que pour la qualité de service (voir la dégradation de notre réseau cuivre). En effet elle admet que les besoins en personnel sont supérieurs aux ressources quels que soient le domaine métier et le bassin d’emploi, avec un écart global se situant entre 3.750 et 5.530 ETPCDI (seuls la Relation Client Grand Public, SCE/Marketing avant-vente et TGI/Marketing échappant à cette déficience). Au moment où Orange affiche un progression de son chiffre d’affaires et de ses marges, FOCom réitère son exigence de remplacement de tous les départs.

Conditions de travail : la direction dans le déni

Lors de la multilatérale Orange France du 5 octobre, en réponse à nos alertes concernant la dégradation des conditions de travail et du climat social dans de nombreux services, Fabienne Dulac a prévenu : « Nous ne sommes pas en crise sociale et soyons vigilants à ne pas faire de la surenchère. C’est notre responsabilité collective de bien diagnostiquer.” Le problème est que le diagnostic ne peut pas être partagé avec une direction campée dans le déni parce que obsédée par les économies à réaliser sur la masse salariale pour satisfaire les actionnaires. Ce sont les faits et il n’y a de surenchère ni de notre part ni de la part des professionnels de la santé lorsque nous dénonçons par exemple la situation des boutiques. Fabienne Dulac estime que le problème provient essentiellement de l’incivilité croissante des clients et qu’il ne faut pas hésiter à déposer des mains courantes. Analyse et solution qui ont l’avantage de ne pas mettre en cause les choix de l’entreprise : fermetures de boutiques et baisse des effectifs peuvent continuer! Nous pensons quant à nous qu’ils sont pour beaucoup dans le mécontentement des clients qui doivent faire des kms pour trouver une boutique et attendre 14:19 mns en moyenne pour être servis. Et qu’outre les relations avec les clients difficiles qui en résultent, le manque de personnel, la surcharge de travail et une reconnaissance insuffisante sont les principales causes de l’insatisfaction des salariés.