Emploi

Conditions de travail : la direction dans le déni

Lors de la multilatérale Orange France du 5 octobre, en réponse à nos alertes concernant la dégradation des conditions de travail et du climat social dans de nombreux services, Fabienne Dulac a prévenu : « Nous ne sommes pas en crise sociale et soyons vigilants à ne pas faire de la surenchère. C’est notre responsabilité collective de bien diagnostiquer.” Le problème est que le diagnostic ne peut pas être partagé avec une direction campée dans le déni parce que obsédée par les économies à réaliser sur la masse salariale pour satisfaire les actionnaires. Ce sont les faits et il n’y a de surenchère ni de notre part ni de la part des professionnels de la santé lorsque nous dénonçons par exemple la situation des boutiques. Fabienne Dulac estime que le problème provient essentiellement de l’incivilité croissante des clients et qu’il ne faut pas hésiter à déposer des mains courantes. Analyse et solution qui ont l’avantage de ne pas mettre en cause les choix de l’entreprise : fermetures de boutiques et baisse des effectifs peuvent continuer! Nous pensons quant à nous qu’ils sont pour beaucoup dans le mécontentement des clients qui doivent faire des kms pour trouver une boutique et attendre 14:19 mns en moyenne pour être servis. Et qu’outre les relations avec les clients difficiles qui en résultent, le manque de personnel, la surcharge de travail et une reconnaissance insuffisante sont les principales causes de l’insatisfaction des salariés.

Emploi : doit mieux faire !

Lors de la réunion annuelle sur l’emploi du 1er octobre, les annonces de Stéphane Richard n’ont pas été à la hauteur de nos attentes. Avec 6805 recrutés en juin depuis début 2016, on atteindra les 7500 fin 2018, soit 500 de plus que prévu, le taux de remplacement des départs – qui était de 1 pour 3 – devrait passer à 45%. Loin des besoins. Il faudrait a minima remplacer TOUS les départs et créer des emplois supplémentaires dans les services sous tension comme les UI et les AD. Et dans les secteurs comme l’innovation porteurs d’avenir. Concernant la ré-internalisation que nous demandons, les actes générateurs de valeur et de différenciation (complexité d’activité), les activités de pilotage, de chargés d’affaires, de SAV et de service client expert ne seront pas sous traitées. En revanche, toutes les activités volumiques et l’intervention client simple resteront malheureusement sous traitées.
Par ailleurs nous n’avons pas obtenu, à ce stade, de réponse sur nos revendications largement légitimées par les bons résultats obtenus par Orange, à savoir :
– versement d’une prime pour tous avant la fin de l’année en reconnaissance des efforts réalisés,
– budget reconnaissance supplémentaire permettant la bonne mise en œuvre de l’accord RCQ,
– prise en charge de la cotisation retraite des temps partiels pour favoriser une utilisation plus importante du temps partiel par les hommes, peser sur les inégalités salariales et réduire les écarts de retraite entre les femmes et les hommes.

Notre exigence de recrutement à nouveau confortée

L’enquête triennale sur le stress et les conditions de travail, réalisée en 2016 par SECAFI et présentée dernièrement au Comité National de Prévention du Stress, confirme les conclusions des rapports des médecins du travail ou du service social et nos multiples alertes… Parmi les appréciations en recul par rapport à 2012 apparaît l’emploi qui préoccupe l’ensemble des répondants, managers compris. Le manque de remplacement des TPS ressort particulièrement en UI et UAT. La charge de travail considérée comme excessive ressort particulièrement en AE, PRO-PME et AD. Est également mise en évidence une dégradation des mesures santé pour les personnels d’OBS et OFS. A noter aussi un mécontentement par rapport au système d’information qui ralentit le travail, surtout dans les services en lien avec la clientèle… et une insatisfaction sur la rémunération qui atteint son maximum entre 30 et 40 ans.
De façon générale, FOCom dénonce un engagement beaucoup trop faible de l’entreprise à trouver des solutions rapides aux problématiques identifiées et à porter des plans d’actions efficaces (voir Delivery, COME, la digitalisation à deux vitesses, le manque de médecins…).
Cette enquête nous conforte dans nos revendications essentielles : des emplois et de la reconnaissance !
Le 1er octobre aura lieu la multilatérale annuelle sur l’emploi avec Stéphane Richard. Nous attendons une annonce ambitieuse à la hauteur des besoins et des attentes des personnels.

Des emplois pour le THD

On se souvient qu’Emmanuel Macron a promis le Très Haut Débit à tous les Français fin 2022.
Par courrier adressé récemment à l’Arcep, Orange et de SFR s’engagent à couvrir les 12,7 millions de logements des villes moyennes d’ici à 2020.
Une accélération salutaire pour éradiquer réellement la fracture numérique ? Il semblerait que ce ne soit pas encore totalement assuré puisque dans une note de son courrier du 20 février Orange préviendrait qu’« une rupture d’approvisionnement de fibre optique et/ou de ressources en main-d’oeuvre qualifiée » constituerait un « cas de force majeure » remettant en cause ses engagements.
Quand on dit qu’il faut créer des emplois…

GPEC : ce que nous voulons

A l’occasion de la négociation GPEC (Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences), FOCom rappelle l’essentiel de ses revendications :
– une politique de recrutement ambitieuse en nombre (voir ci-dessous) mais aussi termes de recours à l’alternance, d’embauches en CDI, de féminisation du recrutement (31,8% fin septembre 2017 pour un taux de 35,7% de femmes en CDI) et de ré-équilibrage Île de France / province (33,4% des effectis étaient en IDF fin septembre 2017)
– la sauvegarde des petits sites
– une complète transparence sur l’évolution des métiers sachant que la Direction prévoit de passer de 400 à 100 métiers
– des plans d’actions qui accompagnent toutes les évolutions : la montée en compétence sur les nouveaux métiers comme l’accompagnement des reconversions pour ceux en voie de disparition
– une formation adéquate et pour tous : le programme futur’o dans sa forme actuelle est notoirement insuffisant (en 2016, 15 métiers ont été identifiés pour 360 salariés et au final 306 parcours ont été réalisés)
– aucune mobilité forcée
– la dissociation de l’accord GPEC et des accords sur l’intergénérationnel (insertion des jeunes, TPS…)
– le TPS reconduit (engagement de Stéphane Richard) dans des conditions optimales (29000 salariés en ont bénéficié depuis sa création)
– l’arrêt de la sous-traitance dont on veut connaître les coûts réels (y compris en termes de qualité et d’image pour Orange).