International

Un accord commercial à combattre

L’UNI, dont FO est membre actif, vient de publier une analyse de l’Accord sur le Commerce des Services (ACS ou TiSA selon l’acronyme anglais). Cet accord qui fait l’objet de négociations secrètes à Genève depuis 2013 a pour objet de « consolider l’idéologie néolibérale… Les entreprises auraient la garantie de pouvoir exercer leurs activités dans le monde entier sans discontinuité, et les gouvernements ne s’engageraient jamais à réglementer des services et technologies pour l’instant inconnus, quels que soient leurs impacts sur la société, l’économie, le développement, l’emploi et l’environnement ou leur contribution au changement climatique. » Est en oeuvre l’oligopole des multinationales qui « veulent exercer un pouvoir inconditionnel sur l’économie de réseaux mondialisée et empêcher les gouvernements de réglementer leurs technologies, services et pratiques à l’avenir ». La protection des salariés, la législation du travail et les « rigidités » du marché du travail sont perçus comme des « obstacles au commerce… Le travail précaire est considéré comme la norme ».
Concernant les Télécoms, les entreprises transnationales (GAFAM etc.) veulent pouvoir utiliser des infrastructures financées et entretenues par les puissances publiques pour faire librement leurs affaires sans contraintes réglementaires ni obligation de service universel. Selon une vieille logique libérale consistant à étatiser les pertes et privatiser les profits.

Le Ceta ratifié

Le Parlement européen a adopté le 15 février par 408 voix pour, 254 contre et 33 abstentions le traité de libre-échange entre l’Union Européenne et le Canada. Cet accord économique et commercial global (AECG), plus connu sous le nom de Ceta, est le résultat de négociations conduites dans l’opacité la plus totale. Il donne aux multinationales le pouvoir de poursuivre des gouvernements et de contester les mesures politiques ou sociales adoptées nationalement pour protéger les droits des salariés, les consommateurs, la santé et l’environnement. Autre détail qui montre le caractère hautement démocratique de ce traité :  90 % de son contenu entrera en « application provisoire » dès le 1er mars, sans attendre l’approbation des parlements nationaux des 28 États membres ! La résistance reste de mise.

FOCom engagée à l’international sur la digitalisation

Comment résister aux conséquences néfastes de la digitalisation de l’économie sur les conditions de travail, l’emploi et les statuts des salariés ? Tel est le thème qui préoccupe les organisations syndicales de tous les continents affiliées à l’UNI. FOCom prend toute sa place dans ce débat aux côtés des représentants syndicaux des entreprises de l’Information et Technologie (IT) réunis à Berlin cette semaine. En effet, ce sujet nous a beaucoup mobilisés à Orange pour aboutir à des accords importants mais qui requièrent toute notre vigilance pour leur mise en œuvre et pour les faire évoluer autant que nécessaire.

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Une des fresques qui ornent les restes du mur de Berlin.

2017 : pour une nouvelle orientation européenne sur les télécoms

Le secteur des Télécoms européen se porte toujours aussi mal. Bien qu’il crée de la valeur, dispose de débouchés et d’actifs tangibles et soit à la pointe technologique, il enregistre de piètres résultats en termes de marges et de revenus. Et la plus mauvaise performance boursière d’Europe aggravée par le contexte pénalisant de hausse des taux obligataires.
Relancer la croissance et le revenu par abonné nécessiterait un changement radical de politique : une accélération de la consolidation, une régulation favorable à l’investissement, la croissance des revenus (toujours écrasés par une concurrence exacerbée et des décisions comme la baisse des tarifs du roaming). Toutes choses que les autorités européennes se refusent obstinément à faire, claquemurées qu’elles sont dans leur dogme consumériste et concurrentiel mortifère. L’année 2017 sera-t-elle enfin synonyme de retour à la raison ? FOCom, qui ne croit pas aux voeux pieux, continuera à peser aux côtés de tous ceux qui veulent sauver le soldat télécom.

COP 22 : pour une concrétisation de l’accord de Paris y compris socialement

Alors que l’accord de Paris devrait entrer en vigueur quelques jours avant l’ouverture de la COP22 le 7 novembre à Marrakech, pour Force Ouvrière, de nombreuses interrogations demeurent. Lors de cette COP, FO demandera, aux côtés de la Confédération Syndicale Internationale, une vision prospective claire tant en termes de développement industriel et énergétique que de leurs impacts sur l’emploi. Nous exigeons de la part des Etats des engagements financiers clairs et soumis à un calendrier contraignant ainsi qu’à une évaluation régulière selon des critères précis, en particulier sociaux. En outre, FO dénonce les mesures d’austérité qui remettent en cause les engagements pris lors de la COP21 à Paris. Nous réclamons la cohérence avec l’Agenda 2030 et notamment l’ODD 8 (Objectif de Développement Durable) sur la mise en œuvre du travail décent, tel que défini par l’Organisation Internationale du Travail. Plus que jamais, FO rappelle l’importance de l’investissement public dans les politiques environnementales. Il est essentiel que l’énergie et l’eau soient considérées comme des biens publics, devant rester sous contrôle et gestion publics, afin de lutter, entre autres, contre les différentes formes de précarité (qui explosent en France notamment sur le plan énergétique). Bien que la lutte contre le changement climatique soit nécessaire, elle ne doit pas servir de prétexte au démantèlement des droits fondamentaux et des services publics. Bien au contraire, il n’y aura pas de progrès environnemental sans progrès social et sans respect des droits de l’Homme.