Orange

Nouveau Comex : pour quel « monde d’après » ?

Nous venons d’apprendre le remaniement du comité exécutif d’Orange. Le communiqué de la direction explique que la « nouvelle équipe sera engagée autour de Stéphane Richard pour accélérer la mise en œuvre du plan stratégique du Groupe« . Nous espérons que cette « nouvelle organisation repensée après la période de crise sanitaire d’une ampleur inédite » tiendra compte des leçons de cette crise comme s’y est engagé notre PDG.

Pour FOCom, le monde de demain doit en effet remettre au centre de l’organisation et des priorités les aspects sociaux,  humains et environnementaux. Très concrètement cela signifie par exemple de repenser les espaces de travail et d’abandonner le tout openspace et le tout flex ce qui ne semble pas être le cas aujourd’hui.

Cela doit se traduire aussi par une politique de rétribution ambitieuse à contractualiser lors de la négociation salariale en cours avec l’octroi d’une prime de reconnaissance de l’engagement de tous les salariés et faisant de 2020 l’année du treizième mois de salaire à Orange. Pour ce faire, nous espérons que Gervais Pellissier, dans son nouveau costume de directeur des ressources humaines et de la transformation du Groupe, sera attentif à nos revendications et oubliera ses réflexes d’ancien directeur financier.

Stéphane Richard en tête du top 10 des patrons qui ont le mieux communiqué pendant la crise sanitaire

Ce classement réalisé par APCO Worldwide, cabinet indépendant de conseil en communication et en affaires publiques, se base sur différents critères : impact quantitatif et qualitatif, activité et présence dans la presse et sur les réseaux sociaux, engagements pris au nom de l’entreprise, mesures mises en oeuvre (primes, dons, ou baisse des rémunérations des dirigeants par exemple).

Pour expliquer la première place du PDG d’Orange, le cabinet souligne sa popularité sur les réseaux sociaux (notamment sur Twitter), le fait qu’il n’utilise pas la langue de bois, son omniprésence dans les médias et qu’“Orange fait partie des 10 entreprises félicitées par Bercy pour la réduction des délais de paiement auprès de ses fournisseurs”. Et qu’il ne porte pas de cravate quand il s’exprime dans les médias, gage de proximité et d’ancrage avec les codes de la société d’aujourd’hui…

Dans « la com » l’image compte en effet beaucoup, ce qui en montre la futilité et les limites. Quoi qu’il en soit, nous estimons que les engagements ne doivent pas être pris à la légère et être respectés. Aussi appelons-nous Stéphane Richard à tenir son engagement de ne pas recourir à la solidarité nationale c’est-à-dire au chômage partiel. Et de faire ainsi preuve de sa sincérité quant au maintien du pouvoir d’achat des salariés. Il ne s’agit plus de com mais de confiance, et elle « se gagne en gouttes et se perd en litres ».

Résultats du T1 : en progression malgré la crise sanitaire

Les résultats financiers d’Orange au premier trimestre, publiés ce jour, montrent la très bonne résistance de l’entreprise en ces temps de crise : le chiffre d’affaires du Groupe est en hausse de 1% et l’EBITDAal de 0,5%. Même si il n’y a eu que deux semaines de confinement au premier trimestre, on voit bien que l’impact de la crise est très limité.

Les grandes tendances préexistantes se confirment, avec une croissance du CA tirée par la zone Afrique-Moyen-Orient (+ 6,2%). Toutes les zones, y compris la France (+ 0,5%) et OBS (+ 0,8%), sont en croissance. Seule l’Espagne (- 2,4%) est en difficulté mais c’était déjà le cas avant la crise du Covid. La vente d’équipements est évidemment en baisse du fait du confinement. Le fixe traditionnel en France et le legacy OBS poursuivent logiquement leur décroissance. Les investissements (e-Capex) sont ralentis du fait de la crise et cela explique en partie la hausse du cash-flow opérationnel (+ 6,8%). Comme on le voit, les tendances fondamentales positives persistent pour l’instant. Les effets de la crise seront probablement plus sensibles au second trimestre mais tout indique que l’activité des télécommunications, et du numérique en général, est porteuse d’avenir et sortira renforcée de cette période douloureuse.

Ces bons résultats pour Orange sont le produit des efforts considérables fournis par les personnels du Groupe dans cette situation exceptionnelle. Ils comptent légitimement sur la juste reconnaissance de leur engagement. FOCom porte leur voix sans relâche auprès de la Direction.

Objectifs financiers 2020 : « pas de déviation significative »

Dans le communiqué de presse d’Orange du 17 avril, Stéphane Richard, Président-Directeur Général du Groupe déclare : « Sur la base des éléments disponibles à ce jour, Orange ne prévoit pas de déviation significative par rapport à ses objectifs financiers pour l’exercice 2020 mais reste attentif à l’évolution de la situation. L’importance prise par les télécoms pendant cette crise pour assurer le fonctionnement de l’économie et de nos sociétés confirme le caractère stratégique de nos activités. En tout état de cause, l’engagement collectif de nos salariés, notre solidité financière ainsi que nos plans d’actions permettront à Orange de faire face à cette crise exceptionnelle ».

Ce diagnostic rejoint nos analyses. Orange ne fait pas partie des entreprises menacées par la crise et n’avait donc aucun besoin réel de recourir aux ordonnances de la loi d’urgence pour imposer une remise en cause des droits des personnels. Dans un contexte où les télécommunications sont reconnues comme une ressource critique et où les personnels ont fait preuve d’un engagement sans faille, la Direction n’aura pas non plus de raison valable de jouer l’austérité dans les négociations salariales à venir. Nous saurons le lui rappeler.

Dividende 2019 réduit

Le Conseil d’Administration du 16 avril d’Orange a pris la décision de proposer à l’AG des actionnaires du 19 mai un dividende réduit au titre de 2019.

Le solde à payer le 4 juin sera donc de 0,20 euros par action au lieu des 0,40 initialement prévus. Nous avions demandé, comme la plupart des organisations syndicales, l’annulation pure et simple du solde sachant qu’un acompte de 0,30 euros avait déjà été versé en décembre 2019. L’État, qui a prôné la baisse des dividendes, n’a pas souhaité renoncer totalement au sien comme actionnaire d’Orange au motif qu’il doit aider des secteurs plus en difficulté. Quant à la Banque Publique d’Investissement, autre gros actionnaire d’Orange, elle a besoin de cette ressource pour financer l’investissement public dans les entreprises et les projets innovants. Nous prenons acte de cette décision qui va permettre à l’entreprise d’économiser plus de 530 millions d’euros de trésorerie. En cette période incertaine, même si Orange bénéficie de solides réserves de cash, il est prudent de préserver de fortes capacités d’investissement et d’avoir les moyens de faire face en cas d’aggravation de la crise.

Les engagements pris pour les dividendes 2020-2023 sont suspendus dans l’attente d’une meilleure visibilité sur l’évolution de la situation économique. FOCom souhaite que la logique de réduction, voire de suppression des dividendes, continue à prévaloir au moins pendant la crise.