Orange

Orange Bank bénéficiaire d’ici 2023 ?

Telle est l’annonce faire par son PDG, Paul de Leusse. Ce dont nous ne pouvons, à FOCom, que nous féliciter. Bien évidemment. Même si dans le détail, nous n’oublions pas que  le lancement d’OB devrait d’ici là amputer le résultat d’Orange de 500 à 600 Ms€. Avec une perte de 93 Ms€ pour l’année 2017. Il y aurait, à l’heure actuelle, environ 200 000 clients OB (dont 30 à 40% actifs) avec un objectif de 4 millions de clients en 2026, (dont : + 1 million en Espagne, et 1 million en Pologne, Belgique et Slovaquie). Le hic, dans cette perspective de croissance, ce sont nos boutiques. 60% des ventes sont faites en boutique, et lorsque le service a été lancé fin 2017, il y en avait environ 600. L’objectif fin 2019  étant de ramener ce parc entre 300 et 400  boutiques, on se pose à FOCom la question de la quadrature du cercle entre ce plan qui  nous fait désormais avoir moins de boutiques que SFR et la nécessité de recruter plus de clients pour Orange Bank.

Un plan de formation peu ambitieux

Le plan de formation pour 2019 prévoit 33,6h de formation en moyenne par salarié, en recul de 2h par rapport à 2017. Ce plan nous paraît manquer d’ambition. Ainsi pour ne prendre que l’exemple des parcours Futur’O, dispositif de reconversion professionnelle vers des métiers recruteurs, 69. 443h de formation pour 238 salariés en 2019 nous paraissent insuffisantes, voire anecdotiques par rapport au nombre de salariés à former.

Réseau cuivre oui, sanction non !

Les médias se sont fait l’écho de la mise en demeure d’Orange par l’Arcep de respecter son obligation de qualité de service sous peine d’une sanction pouvant atteindre jusqu’à 5 % de son chiffre d’affaires national (1 Md € est évoqué), voire 10 % en cas de récidive. En cause la dégradation progressive et significative en matière de téléphonie fixe. L’autorité impose des « paliers » à respecter trimestriellement. Sébastien Soriano, son président, a prévenu « Si l’injonction n’est pas traitée sérieusement, Orange est sanctionnable dès le début de 2019 ».
Il est exact que le réseau cuivre est difficile à entretenir avec 30 millions de paires de cuivre, 21.000 nœuds de raccordement, 1 million de kilomètres d’artères, pour moitié en souterrain et pour moitié en aérien, et 15 millions de poteaux.  Régulièrement victime de vols de câbles, ce réseau est vétuste (l’essentiel a été construit entre 1976 et 1978) et sensible aux intempéries. Pour autant, nous le réaffirmons, pour FOCom il n’y a pas de fatalité. Délégataire du service universel, Orange doit permettre un accès de qualité au téléphone y compris aux 20,1 millions de Français qui ont encore l’ADSL. L’entreprise doit y mettre les moyens en renforçant l’emploi dans les UI au lieu de les vider et en réinternalisant ce qui a toujours été notre cœur de métier. Et les autorités doivent l’y aider au lieu de l’affaiblir par une régulation imbécile et des sanctions inappropriées puisqu’elles affaibliraient la capacité d’Orange à investir.

Le réseau cuivre en perdition ? Pas une fatalité !

Lors de son intervention devant la Commission des affaires économiques mi septembre, Stéphane Richard avait reconnu une dégradation du réseau cuivre (affectant 600 000 clients !) suite à une série d’orages durant l’été et au fléau récurrent des vols de câbles. Plus grave, il a déclaré qu’il serait presque impossible d’entretenir ce réseau vétuste dont l’essentiel a été construit entre 1976 et 1978 et qui représente 30 millions de paires de cuivre, 21 000 nœuds de raccordement, 1 million de kilomètres d’artères, pour moitié en souterrain et pour moitié en aérien, et 15 millions de poteaux. Pour lui « les problèmes de qualité seront de plus en plus importants. Et ce sera un vrai défi de gérer en parallèle la montée en puissance de la fibre et ses investissements, et en même temps le maintien de la qualité du cuivre ». Pour FOCom il n’y a pas de fatalité. Délégataire du service universel, Orange doit permettre un accès de qualité au téléphone et à l’ADSL encore utilisé par 20,1 millions de Français. L’entreprise doit y mettre les moyens en renforçant l’emploi dans les UI au lieu de les vider. Et les autorités l’y aider au lieu de l’affaiblir par une régulation imbécile et des sanctions inappropriées.

Conditions de travail : la direction dans le déni

Lors de la multilatérale Orange France du 5 octobre, en réponse à nos alertes concernant la dégradation des conditions de travail et du climat social dans de nombreux services, Fabienne Dulac a prévenu : « Nous ne sommes pas en crise sociale et soyons vigilants à ne pas faire de la surenchère. C’est notre responsabilité collective de bien diagnostiquer.” Le problème est que le diagnostic ne peut pas être partagé avec une direction campée dans le déni parce que obsédée par les économies à réaliser sur la masse salariale pour satisfaire les actionnaires. Ce sont les faits et il n’y a de surenchère ni de notre part ni de la part des professionnels de la santé lorsque nous dénonçons par exemple la situation des boutiques. Fabienne Dulac estime que le problème provient essentiellement de l’incivilité croissante des clients et qu’il ne faut pas hésiter à déposer des mains courantes. Analyse et solution qui ont l’avantage de ne pas mettre en cause les choix de l’entreprise : fermetures de boutiques et baisse des effectifs peuvent continuer! Nous pensons quant à nous qu’ils sont pour beaucoup dans le mécontentement des clients qui doivent faire des kms pour trouver une boutique et attendre 14:19 mns en moyenne pour être servis. Et qu’outre les relations avec les clients difficiles qui en résultent, le manque de personnel, la surcharge de travail et une reconnaissance insuffisante sont les principales causes de l’insatisfaction des salariés.