Orange

Multilatérale emploi avec Stéphane Richard

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Le rendez-vous annuel sur l’emploi avec Stéphane Richard a eu lieu ce mercredi 10 novembre en conférence téléphonique. La direction a confirmé une baisse globale des effectifs, un peu trop forte selon elle dans les équipes opérationnelles et pas assez dans les équipes support. Ce qui la conduit à envisager des modalités de départs anticipés différenciés. Pour la direction, fini le TPS qui recueillait pourtant un beau succès et est toujours très attendu. Bien sûr FOCom continuera à défendre le TPS avec l’ensemble de ses formules.
Bonne nouvelle tout de même, le DRH nous a assuré que le TPSH serait reconduit pour les 3 prochaines années. Autre bonne nouvelle : le Conseil d’État a validé la semaine dernière les décrets d’application du dispositif PPCR à Orange. FOCom a demandé la date de mise en œuvre des nouvelles grilles indiciaires : les fonctionnaires l’attendent avec impatience ! En revanche, nous n’avons obtenu aucun engagement chiffré pour le recrutement alors que la direction prévoit elle-même un déficit de 2 155 à 3 850 emplois en CDI entre les besoins et les effectifs sur la période 2020 et 2022, déficit qui dégrade les conditions de travail. De nombreux chantiers sont annoncés sur la répartition de l’emploi, le recrutement de jeunes, de femmes et de personnes vulnérables. A n’en pas douter, nous devrons nous battre, avec votre soutien, en particulier dans les instances et les négociations à venir pour préserver nos droits et nos acquis. Voir la déclaration de FOCom.

Djingo, les leçons d’un échec

DjingoLe 6 octobre dernier, les salariés et les clients d’Orange ont appris par communiqué qu’il était décidé d’arrêter la commercialisation du speaker Djingo, lancé en 2019. FOCom s’interroge sur le bien-fondé de la stratégie ayant conduit Orange, quelques années plus tôt, à investir énormément, à grands coups de communication (jusqu’à impliquer notre Président lors du Hello Show), dans le développement d’un assistant vocal, alors que des monstres industriels comme Google et Amazon en inondaient déjà le marché.
Ceci dit, on sait que l’arrêt d’un projet est inhérent à l’activité Innovation. Pour FOCom il est par contre important d’en minimiser la brutalité sociale. Ainsi comment vont être accompagnés les salariés impactés pour retrouver une activité en lien avec leurs compétences très pointues dans lesquelles ils avaient lourdement investi ces dernières années ? Et tous les salariés TGI, quel que soit le projet sur lequel ils travaillent, ont compris à travers l’épisode Djingo que personne n’est à l’abri d’un arrêt brutal de leur activité découlant d’une priorisation ou d’un choix stratégique découverts dans la presse. Pour des chercheurs, des ingénieurs, des techniciens dont les compétences rares demandent souvent plusieurs années d’investissement pour devenir opérationnels, puis atteindre l’excellence, une telle brutalité est particulièrement anxiogène. On souhaiterait donc, à l’avenir, une vision stratégique apportant hauteur et stabilité aux grands projets Innovation du Groupe.

Stéphane Richard prêt à augmenter le dividende…

Dans une interview accordée à Bloomberg, le PDG d’Orange Stéphane Richard a indiqué que « personnellement » il ramènerait bien le dividende à son niveau d’avant la pandémie dès cette année, « ce que la société avait les moyens de faire. » Prévu initialement à 70 centimes d’euro par action, le dividende avait été ensuite abaissé à 50 centimes d’euro. Stéphane Richard a ajouté qu’il était déterminé à être plus ambitieux en matière de réduction des coûts. Interrogé sur d’éventuelles suppressions d’emplois, il a expliqué qu’il y avait un plan constant de réduction du personnel en France. Les salariés prenant leur retraite continueront à n’être que très rarement remplacés a-t-il confirmé, sans fournir d’objectifs précis. Il a toutefois indiqué que les réductions de personnel se concentreraient sur les unités de soutien et non opérationnelles. FOCom a déjà dénoncé le plan stratégique Engage 2025 visant notamment à économiser 1 milliard d’euros d’ici 2023, à poursuivre la fonte des effectifs et à recourir à toujours plus de sous traitance. Si Orange a les moyens d’augmenter le dividende, nous ne comprenons pas qu’elle ne reconnaisse pas mieux son personnel, qu’elle continue à faire pression sur les coûts aux dépens des conditions de travail.

Etre Orange demain…

Fabienne Dulac lance quatre chantiers pour construire l’après crise sanitaire. Mais, annonce-t-elle d’emblée, si cette crise nous a impactés on garde le cap établi par le plan stratégique Engage 2025. C’est donc fortement encadrés qu’évolueront ces groupes d’études.

Ainsi peut-on s’interroger sur la marge de manœuvre permise pour ajuster la stratégie du groupe et nos priorités aux impacts de la crise et en particulier pour aménager nos trajectoires financières. Quelle sera la place laissée à l’humain dans ces projets ? Les salariés devront-ils continuer, quoi qu’il leur en coûte, à se mettre en conformité avec ce qui leur est présenté comme impératif et indiscutable, ainsi qu’ils ont dû le faire tout au long du confinement ?

La première « piste de travail » du « think tang d’anticipation » (!!!) mis en place par la directrice d’Orange France part du constat que « seulement 25% des salariés qui étaient dans l’entreprise en 2015 seront encore là en 2025« . C’est donc bien sur la capacité d’adaptation des personnels que tablent nos penseurs de ce laboratoire d’idées qui se propose de « sortir des conventions » et de « casser les codes ». Mais qui dit adaptabilité ne dit pas ingénuité.

La jeune génération, pas plus que les « salariés plus expérimentés », n’acceptera la dégradation de ses conditions de travail et le manque de reconnaissance.

Nouveau Comex : pour quel « monde d’après » ?

Nous venons d’apprendre le remaniement du comité exécutif d’Orange. Le communiqué de la direction explique que la « nouvelle équipe sera engagée autour de Stéphane Richard pour accélérer la mise en œuvre du plan stratégique du Groupe« . Nous espérons que cette « nouvelle organisation repensée après la période de crise sanitaire d’une ampleur inédite » tiendra compte des leçons de cette crise comme s’y est engagé notre PDG.

Pour FOCom, le monde de demain doit en effet remettre au centre de l’organisation et des priorités les aspects sociaux,  humains et environnementaux. Très concrètement cela signifie par exemple de repenser les espaces de travail et d’abandonner le tout openspace et le tout flex ce qui ne semble pas être le cas aujourd’hui.

Cela doit se traduire aussi par une politique de rétribution ambitieuse à contractualiser lors de la négociation salariale en cours avec l’octroi d’une prime de reconnaissance de l’engagement de tous les salariés et faisant de 2020 l’année du treizième mois de salaire à Orange. Pour ce faire, nous espérons que Gervais Pellissier, dans son nouveau costume de directeur des ressources humaines et de la transformation du Groupe, sera attentif à nos revendications et oubliera ses réflexes d’ancien directeur financier.