Orange

Derrière la disparition du Cloudwatt d’Orange

Avec la fin le 1er février de Cloudwatt, service d’hébergement sécurisé d’Orange, se pose la question du rôle de l’État dans la sécurité des données stratégiques et la souveraineté dans le numérique.
A son lancement en 2012, il s’agissait de l’une des deux têtes du « cloud souverain à la française ». Alors que l’enjeu est notre souveraineté nationale et l’intégrité de nos données stratégiques face à la domination américaine sur le marché de l’informatique en ligne, ni l’État ni les collectivités locales, qui auraient dû devenir les utilisateurs naturels de ces services, n’ont joué le jeu. Deux ans après son lancement, Cloudwatt ne recueillait que 2 millions de recettes, ce qui est totalement dérisoire face à Amazon, Microsoft et IBM. Bercy a sollicité à nouveau des entreprises du secteur pour la création de centres sécurisés  pour héberger les données sensibles de l’administration et des entreprises. Pourquoi repartir de zéro en tentant de créer « un cloud national stratégique », selon l’expression de Bruno Le Maire, au lieu de soutenir les clouds souverains existants pour garantir l’intégrité et l’autonomie stratégique sur nos infrastructures essentielles et sur nos données ? FOCom avait déjà soutenu cette vision au Comité Stratégique de la Filière Numérique. Mais la gabegie ne semble pas effrayer nos gouvernants pourtant si prompts à nous parler d’économies. L’État doit maintenant prendre ses responsabilités.

Le rapport du pôle psy d’Orange nous conforte

Le rapport annuel 2018 du pôle de psychologues du travail constate que : « Le vécu au travail et du travail des salariés s’est peu amélioré par rapport à 2017 sur les secteurs DEF (AE et AG pro/PME), AD, UI. » Son analyse rejoint celle de FOCom en ce que « les dysfonctionnements rencontrés dans ces services sont principalement liés à des ajustements structurels, sur lesquels la ligne managériale locale semble avoir peu de marges de manœuvre. » Les principaux facteurs de risques psychosociaux qu’ils observent sont ceux que nous dénonçons inlassablement : intensité et complexité du travail (charge mentale et charge de travail), accélération et multiplication des transformations (insécurité socio professionnelle, crainte de perte d’autonomie, perte de repères professionnelles), avec pour conséquence un sentiment de qualité de travail empêchée. Après l’enquête triennale sur les conditions de travail et le stress, ce rapport nous conforte dans notre exigence de recrutements massifs et d’une réelle prise en compte de l’humain dans les prises de décisions. Ainsi, la Direction doit entendre que « la multiplicité et le rythme des transformations entraînent une perte de repères et de sens du travail ». Et que « les managers sont de plus confrontés à la difficulté de porter la stratégie et le sens de ces transformations. »

L’opérateur historique de nouveau attaqué

L’Association des Opérateurs de Télécoms Alternatifs (AOTA) a décidé de porter plainte contre Orange et de saisir l’Autorité de la concurrence. Les 47 membres de l’AOTA estiment en effet ne pas avoir suffisamment accès au réseau de l’opérateur historique et que celui-ci a des pratiques anticoncurrentielles et ralentit la numérisation des PME. Ne parvenant pas à se brancher suffisamment au réseau fibre d’Orange ils se plaignent d’être évincés du marché des entreprises. Un secteur particulièrement lucratif qui pèse environ 10 milliards d’euros, soit un tiers du marché français de télécoms.
Revient parallèlement la vieille exigence de scinder Orange en deux, une branche comprenant son infrastructure et une autre comprenant ses activités de service. A Orange donc de construire les réseaux à coup de milliards d’euros, (branche sur laquelle les concurrents ne se bousculent et ne se bousculeront pas) et aux opérateurs alternatifs de s’y brancher et de lui faire concurrence « à égalité » sur les services… On croit rêver !

Procès Lombard : indemnisation des victimes

FOCom prend note avec satisfaction de la déclaration faite à la barre par le représentant d’Orange qui confirme le fait que l’entreprise va engager des discussions avec les organisations syndicales pour établir un plan d’indemnisation des victimes, quelle que soit l’issue du procès qui interviendra le 20 décembre.

France Télécom : un procès qui doit être exemplaire

Le procès des responsables de la crise sociale de France Télécom s’est achevé le 11 juillet avec les derniers actes de la défense. Le verdict sera rendu le 20 décembre.
Les plaidoiries de la défense, comme les interventions des prévenus tout au long du procès, n’ont été qu’une suite de dénis. Les parties civiles, dont FOCom, sont fondées à se demander si les prévenus ont la moindre idée de ce que les personnels ont subi pendant cette sombre période.
Pourtant, il est ressorti de manière éclatante de ce procès quels furent les mécanismes d’une déstabilisation planifiée des personnels.
FOCom attend maintenant que le délit de harcèlement moral soit qualifié comme tel et que les responsables, l’entreprise France Télécom  et ses dirigeants de l’époque, soient sanctionnés. Les salariés de toutes les entreprises, comme d’Orange, et leurs représentants doivent pouvoir s’appuyer sur ce jugement pour empêcher que de telles méthodes de management ne se reproduisent. Plus jamais cela !

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