Secteur Télécoms

Amende record mais indolore pour Facebook

Amende record mais indolore pour FacebookLa Federal Trade Commission (FTC) : l’autorité de la concurrence américaine a condamné le réseau social à payer cinq milliards de dollars (4,43 milliards d’euros) pour avoir mal protégé les données de ses utilisateurs et laissé Cambridge Analytica, un prestataire de la campagne présidentielle de Donald Trump, aspirer des millions de profils de membres. L’action de Facebook a alors grimpé de 1,8 %, à près de 205 dollars, atteignant son plus haut niveau depuis un an. L’amende apparaît comme une «tape sur la main» pour l’entreprise de Mark Zuckerberg dont la rentabilité reste impressionnante : un chiffre d’affaires trimestriel en hausse de 26 % à 15 milliards de dollars et un bénéfice attendu en 2019 de 22 milliards de dollars.

Les aléas de la loi « anti-Huawei »

Après le vote de l’Assemblée nationale le 10 avril, la proposition de loi visant à sécuriser les réseaux mobiles en vue de la 5G a été discutée et votée mercredi 26 juin par le Sénat.
Si ont été approuvés un régime d’autorisation préalable auprès de l’Anssi (l’agence sous l’autorité du Premier ministre en charge de la sécurité des systèmes d’information) et, en cas de non-respect de la loi, des sanctions financières pour les opérateurs, ceux-ci ont évité pour le moment des contraintes supplémentaires prévues dans le texte adopté à l’Assemblée nationale. Les sénateurs n’ont ainsi pas retenu l’obligation pour les opérateurs de préciser, dans leur dossier de demande, l’emplacement géographique exact de leurs équipements 5G. Ils n’ont pas adopté non plus la rétroactivité des mesures ce qui aurait touché les équipements 4G. Contre l’avis de la ministre, ils ont maintenu la possibilité pour l’Anssi d’autoriser « sous conditions » les équipements, sa décision pouvant être évaluée proportionnellement à l’impact sur les déploiements.

Cependant rien n’est encore arrêté. La proposition de loi va maintenant passer en commission mixte paritaire qui élaborera une version commune aux deux chambres. Le texte doit être prêt avant  le lancement des enchères 5G prévues à l’automne. Nous espérons qu’il n’aggravera pas les conditions de déploiement de la 5G au nom d’une pseudo sécurisation qui est au fond surtout le produit de la guerre commerciale menée par Trump contre Huaweï.

5G : l’État dit vouloir privilégier une logique d’aménagement du territoire

L’attribution des fréquences 5G doit (enfin !) se dérouler à l’automne. Elle prendra la forme d’enchères financières, auxquelles participeront Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free.
Selon Bercy, le prix de réserve « devrait être plus proche de 1,5 Md € que de 3 Mds € ». Le gouvernement envoie ainsi un signal fort : son objectif n’est pas de maximiser ses recettes. En contrepartie, d’importants investissements dans les réseaux devraient être demandés aux opérateurs par le biais, par exemple, d’importantes obligations de couverture du territoire. « Nous ne voulons pas brader les fréquences, résume-t-on à Bercy. Ce qui compte, à nos yeux, c’est la compétitivité du pays. Notre modèle n’est pas l’Italie. » Dans ce pays, fin 2018, les enchères pour les fréquences 5G ont atteint la somme faramineuse de 6,55 Mds €. Comme mécaniquement, ce qui est dépensé dans les fréquences ne l’est pas dans les réseaux, l’Italie pourrait prendre un gros retard dans la 5G. Il y a aussi le risque qu’en cas de surpaiement des fréquences, les opérateurs non seulement investissent moins mais augmentent leurs tarifs ou lancent d’importants plans d’économies, via, entre autre, des licenciements.
En privilégiant une logique d’aménagement du territoire à une logique strictement financière, le gouvernement français se situe dans le sillage du « New Deal ». En janvier 2018, l’exécutif a renoncé à d’importantes recettes en prolongeant l’utilisation de certaines fréquences mobiles. En contrepartie, les opérateurs s’étaient engagés à doper leurs investissements dans les zones « blanches » et « grises ».

Pas sûr que toutes ces bonnes intentions compensent « l’année de retard prise dans le déploiement de la 5G » (selon Stéphane Richard) due à l’incurie de nos décideurs européens et français. Retard qui va sans doute durablement plomber notre capacité à tenir face à la concurrence extra européenne.

Mutualisation générale

Pour éradiquer les déserts numériques, Julien Denormandie, ministre du Logement, aurait reçu récemment Stéphane Richard, Alain Weill patron d’Altice-SFR et Martin Bouygues afin de leur proposer « une itinérance généralisée », en d’autres termes une mutualisation complète de leur réseau. Ce qui reviendrait à ce que des opérateurs comme Orange qui ont dépensé des fortunes pour construire leurs réseaux partagent leurs fréquences avec des Free qui n’ont pas fait cet effort. Pour, enfin, couvrir les zones grises. Étrange proposition en vérité car si l’on va au bout de la logique -et l’on pourrait y souscrire – pourquoi ne pas (re)nationaliser les télécoms dans une seule entreprise publique garante de l’accès de tous aux services au lieu de favoriser une concurrence artificielle économiquement et socialement contre-productive ?

Mobiles subventionnés : victoire judiciaire de Free contre SFR

La justice a donné raison à Free après sa plainte déposée contre SFR. Le litige porte sur le prix de l’abonnement compris dans le pack offre « Carré » proposée par SFR entre 2011 et 2012 différent selon qu’il intégrait ou pas l’achat d’un appareil mobile. La subvention d’un mobile par un opérateur couplée à un forfait avec un tarif plus élevé est jugée comme s’apparentant à du crédit à la consommation.