Secteur Télécoms

La Nouvelle Zélande interdit à son tour les équipements de réseaux 5G de Huawei

Après les Etats-Unis, l’Inde et l’Australie, la Nouvelle Zélande opte à son tour pour l’exclusion des équipementiers chinois de ses réseaux 5G. Pour des motifs de sécurité nationale, elle vient d’interdire à son opérateur Spark le recours à des équipements de Huawei Technologies. De nouveaux pays pourraient suivre.

Retard sur la 5G : à qui la faute ?

FOCom s’est déjà inquiétée du retard pris au niveau européen et français sur la 5G. Comme de nombreux experts du domaine, l’Idate, think tank européen spécialisé dans l’économie numérique, tire la sonnette d’alarme. Relevant que l’investissement par habitant dans les télécoms s’élève à 194 € aux États-Unis, contre 92 € en Europe, il calcule qu’il manquerait “50 milliards d’euros d’investissement par an dans l’Union européenne” pour que le Vieux Continent fasse jeu égal avec le pays de l’Oncle Sam.
Nous en avons maintes fois dénoncé la cause : contrairement à leurs homologues américains, les opérateurs européens soumis au dogme concurrentiel et à la politique consumériste des institutions en place, ont vu leurs revenus et donc leur capacité à investir diminuer fortement après des années de guerre des prix. En France, 6 ans après l’arrivée de Free Mobile et de ses offres à prix cassés, cet affrontement néfaste se poursuit entre Orange, SFR, Bouygues Telecom et Iliad… Avec l’aval d’une majorité parlementaire qui a rejeté, lors de la discussion de la loi PACTE le 28 septembre, deux amendements visant à interdire la vente à perte dans le domaine des services, et donc à stopper la pratique destructrice de certains opérateurs télécom qui bradent de l’ADSL à 5 ou même à 2€ par mois alors qu’ils louent la ligne support à plus de 9€.
Des pratiques et des décisions qui empêchent, mécaniquement, les opérateurs, déjà fortement engagés par leurs obligations dans la fibre et la 4G, d’investir comme il conviendrait dans les réseaux de demain.

SFR hors déontologie

Pour enrayer les défections en cascade d’abonnés mécontents, la direction de SFR n’a rien trouvé de mieux que de sanctionner des salariés jugés trop conciliants avec leurs clients. Au moins deux entretiens préalables au licenciement auraient déjà eu lieu en octobre. Certains salariés ont été piégés lors de « visites mystères » réalisées cet été par de faux clients prétendant mettre fin à leur abonnement. Une note interne interdisait déjà formellement depuis septembre 2017 de transmettre le numéro du service clients, les coordonnées du service résiliation ou encore le code pour passer d’un opérateur à l’autre. Ces pratiques, étrangères à toute déontologie et pour certaines à la limite de la légalité, ont été vigoureusement condamnées par les Organisations Syndicales. Pour FOCom, les salariés comme les clients doivent être respectés et ce n’est pas par une chasse aux sorcières que SFR redressera sa situation très dégradée comme le confirme à nouveau l’enquête de l’ARCEP. C’est en investissant, en particulier dans les réseaux, et en recrutant.

Télécoms : la vente à perte pérennisée

Vendredi 28 septembre, lors de la discussion de la Loi PACTE à l’Assemblée Nationale, deux amendements visant à interdire la vente à perte dans le domaine des services ont été présentés par des parlementaires. Il s’agissait en particulier d’arrêter la pratique destructrice de certains opérateurs télécom qui bradent de l’ADSL à 5 ou même à 2 euros par mois alors qu’ils louent la ligne support à plus de 9 euros. Ces deux amendements ont été rejetés par la majorité parlementaire. Tout au plus, le gouvernement s’est-il engagé à réunir les opérateurs. Le dumping économique, et avec lui le dumping social, ont de beaux jours devant eux.

Impayable régulateur

Dans une interview à la Tribune, l’insatiable Président de l’arcep, Sébastien Soriano, envisage non seulement la fusion de son institution avec le CSA mais propose au gouvernement d’étendre ses pouvoirs aux smartphones et autres objets connectés, “prolongation logique de son nouveau rôle de gardien de la neutralité du Net”.
Concernant la domination des GAFA, après avoir admis que “la neutralité du Net tend à limiter la capacité de négociation des opérateurs vis-à-vis des géants du Net” qui “écrasent tout sur leur passage”, il a ce mot admirable “Mon rôle n’est pas de donner un coup de main aux opérateurs.” Monsieur a de l’appétit mais pas l’estomac patriote ! Quant à la consolidation du marché français des télécoms après l’avoir défendu en mai, il se déclare maintenant en désaccord avec Stéphane Richard qui la juge inévitable car “structurellement, le secteur peut fonctionner à quatre”. Et que la guerre des prix “c’est bien les opérateurs qui l’ont choisie. C’est leur décision… nous ne leur avons jamais dit que leurs prix étaient trop élevés.” Il oublie juste que c’est pour faire baisser les prix que le gouvernement a permis l’arrivée de Free, en 2012, en tant que 4ème opérateur. Et non non, son opposition à une consolidation ne vise pas à sauver Free, le « bébé » de l’Arcep !
Quant au retard pris sur les Etats-Unis concernant la 5G, il se montre satisfait : avec “une consultation au mois d’octobre pour définir les modalités d’attribution des fréquences 5G aux opérateurs et un appel d’offres qui pourrait avoir lieu dans environ un an, à la mi-2019… on se situe dans un calendrier proche de celui de nos voisins européens”. Tout va pour le mieux madame la marquise, le Grand Régulateur veille !