Secteur Télécoms

La 5G au prix fort pour les opérateurs

Le gouvernement a tranché : le prix de réserve pour l’attribution des fréquences 5G a été arrêté à 2,17 milliards. Les opérateurs devront débourser 350 millions pour obtenir le premier bloc de fréquences de 50 MHz. Les 110MHz de spectre restants seront disputés lors des enchères sur des blocs de 10 MHz mis aux enchères entre février et avril.
FOCom regrette que le gouvernement ait préféré faire les poches des opérateurs pour boucler le budget 2020 de l’Etat plutôt que de leur laisser les moyens d’assurer les investissements colossaux qu’ils doivent réaliser pour équiper le pays. Les besoins se chiffrent à 10 milliards par an rien que pour la 4G et la fibre dans des conditions difficiles avec des prix d’abonnement les plus bas d’Europe et une fiscalité excessive. Cette décision n’est pas cohérente avec ce qu’avait annoncé le gouvernement au printemps dernier lorsqu’il promettait que le plancher serait plus proche de « 1,5 milliard que de 3 milliards ».
Et il faut bien dire que les atermoiements de l’ARCEP pour tenter de privilégier certains opérateurs « alternatifs » ont eu un impact négatif sur le calendrier qui a fait correspondre la décision à la dernière ligne droite du bouclage budgétaire.

Le plan Très haut Débit freiné par le manque de techniciens

Tous les opérateurs, Orange compris, sont aujourd’hui limités dans leur capacité de déploiement des réseaux par le manque de compétences disponibles pour réaliser les chantiers. Cette situation avait été identifiée il y a déjà de nombreuses années. Le comité stratégique de la filière numérique auquel FOCom a participé avait dressé ce constat dès 2012-2013. France Stratégie avait également mis en évidence la question et les solutions possibles en 2016 à travers un projet, où Focom était contributeur, intitulé « Vision Prospective Partagée des Emplois et des Compétences de la filière du numérique ». Il n’y a donc là rien de nouveau mais les mesures nécessaires n’ont jamais été prises par des gouvernements plus occupés à faire du consumérisme électoral que des politiques industrielles et tournées vers l’emploi. Dans le cadre du pacte productif mis en place par le gouvernement actuel, le groupe de travail sur le numérique présidé par le secrétaire d’état Cédric O et auquel FOCom participe également, a fait le même constat. Des mesures doivent être annoncées courant octobre et nous espérons qu’elles seront enfin sérieuses. En tout état de cause, ce sont des dizaines de milliers de postes nécessaires qui ne pourront pas être comblés à brève échéance. FOCom a proposé, à plusieurs reprises et depuis des années, à la direction d’Orange de créer une filière propre de formation et de recrutement dans les métiers techniques. Cela aurait été tout à fait possible et aurait pu régler en même temps le faible taux de féminisation de ces métiers. Nous n’avons pas été écoutés au motif qu’après le déploiement actuel des réseaux, l’entreprise ne saurait pas quoi faire de ces techniciens. N’y aura-t-il donc plus de rupture technologique et d’autres techniques à déployer ? Nous payons aujourd’hui cette vision court-termiste et malthusienne. Et si rien n’est fait pour redresser la barre, nous le paierons plus cher à l’avenir.

Écran noir à la télé sur fond de bras de fer entre Free et Altice

Depuis minuit, les quelque six millions d’abonnés de Free ne reçoivent plus directement les chaînes télé du groupe Altice : BFMTV, RMC Découverte et RMC Story ont disparu des Freebox. Le litige est financier. Altice, déjà rémunéré par Bouygues Telecom, SFR, et CANAL+, réclame environ quatre millions d’euros à Free pour l’autoriser à diffuser ses chaînes et ses services associés, par exemple le replay. Free trouve la somme exagérée et comme l’accord de distribution entre les deux groupes est caduc, la justice lui a ordonné l’arrêt de la diffusion sous peine de pénalités, cent mille euros par jour et par chaîne.
Ce conflit, dont les abonnés de Free font les frais, met en lumière un modèle de la télévision qui est en train de changer. On reçoit aujourd’hui la télévision essentiellement par les box et demain ça sera à 95 % par la fibre. L’Hertzien et le satellite vont disparaître. Les plateformes SVOD se multiplient et transforment l’univers de la télévision. Les GAFAM sont arrivés et ont transformé le marché de la publicité. Les grandes chaînes n’auront bientôt plus les moyens de produire des films et des séries. Comment seront réalisées et financées la création et l’information dont on déplore déjà l’indigence ? Et dans cette jungle, comment protéger les utilisateurs ?

Amende record mais indolore pour Facebook

Amende record mais indolore pour FacebookLa Federal Trade Commission (FTC) : l’autorité de la concurrence américaine a condamné le réseau social à payer cinq milliards de dollars (4,43 milliards d’euros) pour avoir mal protégé les données de ses utilisateurs et laissé Cambridge Analytica, un prestataire de la campagne présidentielle de Donald Trump, aspirer des millions de profils de membres. L’action de Facebook a alors grimpé de 1,8 %, à près de 205 dollars, atteignant son plus haut niveau depuis un an. L’amende apparaît comme une «tape sur la main» pour l’entreprise de Mark Zuckerberg dont la rentabilité reste impressionnante : un chiffre d’affaires trimestriel en hausse de 26 % à 15 milliards de dollars et un bénéfice attendu en 2019 de 22 milliards de dollars.

Les GAFAM enfin taxées ?

L’Assemblée Nationale a donné jeudi 4 juillet son ultime feu vert au projet de loi visant à instaurer une taxe sur les géants du numérique. Le texte doit encore être soumis au Sénat le 11 juillet pour être adopté définitivement par le Parlement. La taxe vise les entreprises qui réalisent un chiffre d’affaires sur leurs activités numériques de plus de 750 millions d’euros dans le monde, dont 25 millions d’euros pouvant être rattachés à des utilisateurs localisés en France. Elle sera de 3% du chiffre d’affaires réalisé en France notamment sur la publicité ciblée en ligne, la vente de données à des fins publicitaires et la mise en relation des internautes par les plateformes. Certes il s’agit d’une première avancée vers la justice fiscale en attendant une décision de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE), mais à un niveau notoirement insuffisant quand on le compare avec le chiffres d’affaires et les bénéfices réalisés par ces multinationales qui font leurs affaires sur nos territoires sans investir ni créer d’emplois… et jusqu’à présent sans payer d’impôts.