Santé

La Sécu spoliée

Au début de l’été, un rapport « resté discret » sur « la rénovation des relations financières entre l’État et la Sécurité sociale » a été remis au gouvernement. Il propose notamment une règle de « solidarité » entre l’État et la Sécurité sociale. Ainsi, au 1er janvier 2019, le Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi – le CICE, chèque en blanc aux entreprises, de l’ordre de 20 Mds € par an – sera « transformé » en allègement de cotisations patronales. Cela induira une perte sèche pour la Sécurité sociale alors que ses comptes se redressent. La loi prévoit qu’au-dessus du seuil de 0,8 point de PIB, l’excédent sera écrêté au profit de l’État : 3 Mds en 2019, 14 en 2020, 20 en 2021, et plus de 27 en 2022.
FO dénonce depuis des années la confiscation des recettes de la Sécu par l’État que ce soit pour son propre désendettement, sa politique économique ou pour renflouer les entreprises. L’affaiblissement de la Sécu induit le développement des assurances privées aux dépens des droits collectifs. Concrètement, les ponctions réalisées sur les finances de la Sécu conduisent à l’amputation des prestations, des remboursements, du budget des hôpitaux, de l’autonomie, des pensions de retraites, des indemnités pour maladies… FO rejette toute atteinte à notre système de protection sociale. Une raison supplémentaire de nous mobiliser le 9 octobre.

Mais d’où vient la hausse des dépenses d’indemnités journalières ?

Depuis 2014, le montant des indemnités journalières est en hausse. Après avoir progressé de 3,7% en 2015 et de 4,6% en 2016, en 2017, ces dépenses ont augmenté de 4,4% pour atteindre 10,3 milliards d’euros. La tendance est même à l’accélération de cette hausse. Depuis le début de l’année, les indemnités journalières ont augmenté de 5,7%, selon le dernier communiqué des dépenses de l’Assurance maladie. Pour le mois de mai, cela représentait une dépense de 904 millions d’euros.
Contrairement à ce que dit le gouvernement cette augmentation ne vient pas d’une subite montée de l’irresponsabilité des salariés qui abuseraient d’un système « illisible et déresponsabilisant » ce qui « encourage l’arrêt de travail de complaisance, l’absence répétée du vendredi ou le congé maladie ». La raison est à chercher dans le recul de l’âge de départ à la retraite et la dégradation des conditions de travail. Il faut arrêter de stigmatiser malades et médecins pour justifier le pillage de notre Sécu.

Arrêts maladie : le gouvernement veut désengager la Sécu

Le gouvernement envisage de basculer (pour commencer) quatre jours d’indemnisation de la Sécurité sociale vers les employeurs pour les arrêts de moins de huit jours. Un transfert de charge de 900 millions contesté par le patronat comme par les syndicats. FO juge ainsi inadmissible ce désengagement de l’Assurance-maladie dont le but est de contribuer aux 30 milliards d’économie que la programmation pluri-annuelle des finances publiques exige de la Sécurité sociale d’ici à 2022.
L’objectif est, in fine, de faire main-basse sur la Sécu. Le gouvernement a déjà supprimé en 2018 la cotisation maladie, qui signifiait que tous les salariés, solidaires, cotisaient pour le paiement de leurs Indemnités Journalières. Cette suppression a été compensée par une hausse de la CSG : les salariés paient toujours pour leurs IJ mais désormais de manière « fiscale » et non « sociale ». L’État peut ainsi se prétendre propriétaire des recettes de la Sécurité sociale et en faire ce qu’il veut, y compris diminuer les droits des assurés pour financer sa politique !

Sécu redressée sécu pressurisée

L’Assurance-maladie devrait frôler l’équilibre financier en 2018, selon la Commission des comptes de la Sécurité sociale. Son déficit serait ramené à un niveau proche de celui de l’année 1999 : 500 millions d’euros contre un déficit constaté de 4,9 milliards en 2017. Et les quatre branches du régime général additionnées au Fonds de solidarité vieillesse frôlent également l’équilibre.
Si l’on peut se féliciter du redressement des comptes de la sécu, encore faut-il se rappeler à quel prix on y est parvenu : système de soins dégradé, hôpitaux  et Ehpad dans une situation catastrophique, déremboursements massifs… Et le comble est qu’on va maintenant transférer les probables excédents à venir de la Sécurité sociale vers l’État. Cela est prévu sur la durée du quinquennat, et d’ores et déjà inscrit dans la Loi de programmation des finances publiques pour 2018-2022.
Pour FO, au lieu de multiplier ces pratiques destructrices de notre modèle social, il faudrait, pour commencer, retrouver les dizaines de milliards d’euros de recette perdues chaque année en raison du travail dissimulé, de l’évasion socio-fiscale…

L’Assemblée ne reconnaît pas le burn-out comme maladie professionnelle

Soutenue par de nombreux acteurs sociaux dont FO, la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle a été rejetée par l’Assemblée nationale jeudi 1er février. L’adoption d’une loi reconnaissant que le syndrome d »épuisement professionnel est, comme son nom l’indique, imputable au travail impliquerait la responsabilité de l’entreprise, ce qui en chagrine beaucoup côté patronat. Concrètement une telle évolution législative aurait permis aux 400.000 salariés atteints de cette maladie chaque année d’être totalement indemnisés pour le paiement de leurs soins.