Seniors

La réforme des retraites pénaliserait les carrières ascendantes

La prise en compte de l’ensemble de la carrière pour le calcul des retraites va pénaliser les travailleurs précaires du fait de leurs carrières morcelées. Mais aussi les travailleurs aux carrières stables ascendantes.
Ainsi deux fonctionnaires de catégorie A ayant, dans les six derniers mois de leur carrière, le même grade et donc le même traitement, ont aujourd’hui leur retraite calculée sur les 6 derniers mois d’activité même si l’un a débuté en catégorie A et l’autre en C. Dans le système universel, passer toute sa carrière en catégorie A donnerait droit à une pension plus élevée que de la débuter en catégorie C et la finir en A. Cet exemple de carrière ascendante est transposable aux salariés du secteur privé dont la retraite ne sera plus calculée sur les 25 meilleures années d’activité.
Il montre que le nouveau système, loin de valoriser le mérite, reproduit de fait les inégalités liées aux origines.

Plan Orange vision 2020 : 61 actions gratuites également pour les retraités en activité le 25/10/17

En cas de mise à la retraite (à l’initiative de l’employeur) ou de départ à la retraite (à l’initiative du Bénéficiaire) avant la Date de Fin d’Appréciation des Conditions, soit le 31 décembre 2019, y compris entre le 1er septembre 2017 et la Date d’Attribution, soit le 25 octobre 2017, le Bénéficiaire conservera son droit à recevoir à l’issue de la Période d’Acquisition tout ou partie des Actions initialement attribuées selon l’atteinte des Conditions de Performance sans pouvoir être inférieur au Minimum

Projet de loi sur les retraites : le retrait, point !

Depuis le 5 décembre, la détermination pour obtenir le retrait du projet de réforme des retraites se renforce indubitablement. FO porte des propositions sur le financement et l’amélioration de notre système de retraite actuel fondé sur la solidarité.

Au-delà de l’opinion publique défavorable au projet de réforme, les différentes caisses de retraites comme les institutions, dont la plus haute, le Conseil d’État, ont toutes acté un avis critique voire négatif. Continuer à vouloir imposer ce projet relève de la part du gouvernement d’un vrai déni de démocratie.

Les organisations syndicales FO, CGT, FSU, Solidaires, FIDL, MNL, UNL et UNEF sont persuadées que cette mobilisation inédite et historique finira par l’emporter. Elles appellent à une nouvelle journée de convergence de grèves et de manifestations le 20 février.

Retraites : l’intégration des primes des fonctionnaires va plus bénéficier aux hommes

Contrairement à ce qu’affirme le gouvernement pour vendre son projet de réforme, celui-ci ne va pas vers plus de justice. Bien au contraire la réforme si elle était mise œuvre -ce que nous nous efforçons d’empêcher- aggraverait les inégalités entre les femmes et les hommes (voir notre inFOégalité de janvier). Il nous avait échappé que l’intégration des primes prévue dans le régime universel à points bénéficierait davantage aux hommes. En effet les primes expliquent une bonne partie des inégalités salariales entre femmes et hommes dans la fonction publique. Pour la catégorie A (cadres), « le manque à gagner moyen des femmes en termes de primes représente 20 % de l’ensemble des écarts de rémunération constatés » selon une étude de 2015. Pour les catégories B et C, les primes expliquent même respectivement 42 % et 38 % du différentiel de salaire. Le calcul de la pension hors prime permettait de supprimer cet écart au départ en retraite.

Retraites : les chiffres alarmants de l’étude d’impact de la réforme

Le gouvernement a dévoile en Conseil des ministres ce vendredi son « étude d’impact » du projet de loi sur les retraites. Au programme :
– la baisse du poids des dépenses de retraite à 13 % de PIB
– un âge d’équilibre à 65 ans projeté en 2037 pour établir les projections sur les comportements de départ à la retraite des premières générations (1975) qui seront concernées par le système universel. « Cet âge (65 ans), purement conventionnel, correspond à l’âge de départ au taux plein pour une personne ayant débuté son activité professionnelle à 22 ans et ayant validé toute sa vie 4 trimestres par an, soit 43 années, la durée exigée pour le taux plein pour la génération née en 1975 » précise l’étude.
L’âge d’équilibre augmenterait d’un mois par génération, « sous l’hypothèse que l’espérance de vie progresse d’un mois et demi par an« . Or, cet âge d’équilibre s’accompagne d’une sévère décote : 5% en moins sur la valeur du point par an.
– un départ plus tardif : « Environ un cinquième des assurés partiront plus tard », d’à peu près « trois ans en moyenne pour les générations nées dans les années 1990 », avec toutefois « un gain très significatif de pension, en moyenne supérieur à 20% ». Dans l’ensemble, avec l’âge pivot, « l’âge moyen de départ serait plus élevé » d’un mois pour la génération 1990 (64 ans et 7 mois) et de 8 mois pour la génération 2000 (65 ans et 2 mois).

A noter toutes les « imprécisions » du projet… A tel point que le Conseil d’État ne garantit pas « la sécurité juridique » de la réforme et déplore les « projections financières lacunaires » du gouvernement et un recours aux ordonnances (29 !) qui « fait perdre la visibilité d’ensemble ». Il démonte l’artifice de communication du « un euro donnera les mêmes droits » et du système censé être plus simple, soulignant la complexité et la diversité des règles de cotisation et d’ouverture des droits.