Vie au travail

Canicule : que faire ?

Le code du travail ne prévoit pas de niveau de température au-delà de laquelle le plan canicule doit être déclenché ou le travail cesser. Néanmoins à partir de 30° dans les bureaux ou 28° sur les chantiers  il y a risque. Et danger dès 33°. Les salariés ont alors un droit de retrait. Le code du travail prévoit que « l’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs par la mise en place d’une organisation et de moyens adaptés. » (article L4121-1 du code du travail).
Ces mesures et moyens sont :
– la ventilation et aération des locaux de façon à maintenir un état de pureté de l’atmosphère et d’éviter les élévations exagérées de température, les odeurs désagréables et les condensations (article R4222-1 à R4222-3 du code du travail),
– la mise à disposition d’eau fraîche potable et notamment de bouteilles d’eau gratuites et même des boissons non alcoolisées fraîches (articles R2225-2 à R2225-4 du code du travail).
A ces deux mesures obligatoires peuvent s’ajouter (sans obligation mais recommandé par l’INRS (institut national de recherche et de sécurité) le décalage ponctuel des horaires (arriver et repartir plus tôt), la limitation des cadences avec des plages de repos plus fréquentes etc.
Il est possible d’obtenir de limiter ou d’aménager les déplacements, notamment en utilisant les possibilités mises en place par l’entreprise : télétravail, adaptation horaires…
Que ce soit pour la pollution ou pour ménager votre santé, n’hésitez pas à utiliser votre droit au télétravail occasionnel (demande à faire via intranoo).
Et en cas de difficultés n’hésitez pas à saisir les militants FOCom.

Les open spaces nuisent aussi à la productivité

Dans les open spaces et avec les outils internet, des études montrent que les salariés sont interrompus dans leur  travail toutes les 12 minutes. Comme il faut 3 minutes au cerveau pour se re-concentrer, cela laisse peu de temps pour avancer dans ses dossiers. Si l’argument de la dégradation des conditions de travail laisse de marbre nos dirigeants qui s’obstinent à généraliser les espaces partagés en flex office, l’argument de la baisse de la productivité les convaincra peut-être ?

Rien de tel que les relations réelles

Bien que « de plus en plus connectés » et en espace de travail partagé, les salariés se sentent aussi « de plus en plus isolés », selon le 6ème baromètre annuel Paris Workplace, réalisé en partenariat avec l’Ifop.
– 7 salariés sur 10 échangent quotidiennement avec plus de 10 personnes par messagerie instantanée, mail, téléphone ou intranet ;
– les open spaces et les bureaux partagés se multiplient rassemblant désormais 82% des travailleurs,
et pourtant 2 salariés sur 3 éprouvent le sentiment de se sentir parfois isolés au sein de leur entreprise et un quart (26%) affirmant se sentir souvent isolés.
« Seuls les échanges physiques, en face à face, permettent de réduire le risque d’isolement », qui est « divisé par deux » quand on parle à « plus de trois collègues en face-à-face dans la journée », selon le baromètre. Car, paradoxalement, « la multiplication des échanges par e-mail, messageries instantanées ou téléphone, ne permettent pas de sortir un salarié de l’isolement ». Bien au contraire, « au-delà de 20 interactions par mail ou téléphone par jour, le sentiment d’isolement se renforce ». Le face-à-face réel est la forme de relation plébiscitée par les salariés : 77% préfèrent échanger avec leurs collègues ou leur hiérarchie en face-à-face (13% par mail, 10% par téléphone). L’enquête indique aussi que les moins de 35 ans sont nettement plus nombreux que leurs aînés à se déclarer stressés de recevoir des messages ou appels d’ordre professionnel en dehors des horaires de bureau (68% contre 52% pour les plus de 35 ans).

Le burn out reconnu comme maladie

Lors de la 72e session de l’Assemblée mondiale de la santé, l’OMS a enfin voté l’ajout du burn-out au classement international des maladies. Reste à faire adopter en France le burn out comme maladie professionnelle…

Flex desk : diktat, double-langage et mépris

Dans une interview dans Le Moniteur, Bertrand Jasson, directeur immobilier d’Orange répond à la question du choix de faire travailler les salariés en flex office, sans bureaux fixes : « Le lieu de la reconnaissance sociale n’est plus le bureau individuel où chacun avait sa propre « muséographie ». Aujourd’hui les gens travaillent partout et les nouvelles générations ne comprennent pas les espaces fermés. Si on veut attirer les jeunes talents il faut que l’environnement de travail évolue et que le management propose les outils de la mobilité grâce à un aménagement de bureaux dynamique, sans postes attitrés ».On remarquera la terminologie méprisante pour les salariés attachés au bureau individuel (muséographie). On notera également la façon de présenter le choix de l’entreprise du tout flex comme une nécessité incontournable (il faut…).
FOCom s’élève contre les diktats de la Direction et ses justifications alors que :
– il est parfaitement établi que les salariés s’opposent très majoritairement au flex office, y compris les jeunes diplômés contrairement à ce que laisse entendre le directeur immobilier,
– Stéphane Richard s’était engagé lors de sa venue au CNSHSCT du 6 février : « Je ne suis pas pour le tout flex et je ferai passer ce message, pas de jusqu’au boutisme ni dogmatisme, il faut être attentif également aux propos et études des sociologues. Vous pouvez compter sur moi pour délivrer ces messages »,
– tous les experts s’accordent à reconnaître que le flex office comme les open spaces sont des facteurs de dégradation des conditions de travail, d’altération de la concentration et d’augmentation de certaines pathologies.
FOCOm s’oppose à la systématisation du flex office imposée dans les nouveaux projets immobiliers sachant que selon Monsieur Jasson « 17.500 soit 20% des salariés seront impactés « positivement » (!) par les déménagements ». Nous savons bien comme l’avoue lui-même ce directeur que « cela génère des économies significatives en termes de loyers et de charges d’exploitation ».
FOCom conteste une nouvelle fois la baisse des coûts réalisée au détriment des conditions de travail.

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Positions de travail sur le nouveau site OBS Cœur de Défense