édito

Il faut le faire savoir…

Avec la crise sanitaire, l’Europe et les différents gouvernements européens ont massivement soutenu les entreprises. Les moyens financiers ont été colossaux et les montants ainsi engagés se montent à plusieurs centaines de milliards d’euros ! Ce qui est possible pour alimenter la trésorerie des entreprises doit l’être pour redonner de la cohérence aux discours entendus sur les métiers indispensables au fonctionnement de la Nation et pourtant, ô combien, mal rémunérés. Pour Force Ouvrière, la question salariale est posée depuis bien plus longtemps ; c’est un combat permanent lié à la recherche d’un meilleur partage des richesses et du progrès social. Ne dit-on pas que Force Ouvrière est « le syndicat de la feuille de paye » ? Expression d’ailleurs reprise, aujourd’hui, par d’autres organisations syndicales tout comme la phrase « choc » de notre secrétaire confédéral « le salaire n’est pas l’ennemi de l’emploi ». Bref, au-delà de la sémantique, soulignons que FO a toujours été moteur sur la revendication salariale : il faut le faire savoir.

L’ex-PDG d’Orange a eu beau louer « la formidable mobilisation des salariés engagés et attachés à leur entreprise », cela ne l’a pas empêché de maintenir une politique de rémunération austère sous prétexte d’économies nécessaires sur la masse salariale. Entre le salaire et le dividende le choix est fait depuis longtemps ! Cette pratique, indigne du Groupe, interdit tout dialogue social digne de ce nom. Les postiers, quant à eux, doivent supporter un discours prétexte à disette salariale : baisse du courrier, de l’activité, taux d’intérêt en berne, concurrence agressive, etc. Bien que ce constat s’appuie sur quelques réalités, les résultats du Groupe La Poste (près de 35 milliards de chiffre d’affaire, un résultat net de 2 milliards) montrent cependant sa solidité et sa capacité à s’adapter à un environnement économique complexe.

Que ce soit à La Poste ou à Orange, l’austérité salariale ne se justifie pas : il faut le faire savoir.

Quelle que soit la suite que nous allons donner à la mobilisation du 27 janvier dernier, il est indispensable de maintenir la pression. Dans cet objectif, la Confédération vient de faire paraître un tract de quatre pages et une affiche. Deux certitudes s’imposent à nous. Primo, évitons les journées d’action et de grève précipitées et mal préparées. N’éludons pas la difficulté à mobiliser dans cette période où le collectif interprofessionnel peine à atteindre l’objectif revendicatif. Les victoires sont aujourd’hui plus nombreuses au sein des entreprises et des branches que dans la rue. Secundo, toute action doit être accompagnée d’une forte pédagogie et de multiples explications quant à la justesse sociale et économique de nos revendications.
Nous avons réussi à convaincre lors de la bataille contre le projet de réforme des retraites ce qui a d’ailleurs fait dire au journal l’Opinion qu'il s'agissait là d'une « victoire à la fois sociale et intellectuelle ». Revendiquons pleinement la paternité de cette victoire : il faut le faire savoir.

Ainsi, toute mobilisation doit s’accompagner de la détermination de chacun d’entre nous à expliquer, démontrer, convaincre. Dans l’entreprise, les services, sur le terrain, dans la rue… sans relâche, en force, en nombre et plus que jamais en toute indépendance.
Ce que nous défendons, ce que nous sommes : il faut le faire savoir.

Christine BESSEYRE