édito

à ceux qui veulent éliminer les syndicats

Ceux qui prétendaient parler directement au peuple voient aujourd’hui le peuple leur parler directement. En contournant les «corps intermédiaires», terme que nous récusons, ils croyaient éviter que l’on puisse contester leur politique de manière organisée. Nous n’avons pourtant pas cessé de leur répéter qu’il était dangereux pour la démocratie de faire comme si la revendication organisée à travers les syndicats n’existait pas.

L’objectif principal du gouvernement demeure: transformer le système social fondé sur nos cotisations en système étatisé fondé sur l’impôt (la CSG). Si cette transformation va au bout, nos prestations (assurance chômage, retraite, allocations familiales, santé, etc.) échapperont totalement à la gestion paritaire et deviendront entièrement soumises aux impératifs budgétaires de l’État et par conséquent aux objectifs d’austérité européens.

Nous passerons d’un système de droits à un système de gestion budgétaire.

Les mesures annoncées par le Président de la République le 10 décembre s’inscrivent dans cette trajectoire. Loin de changer de cap, le Président accélère dans la même direction, par exemple en avançant la hausse de la prime d’activité au lieu d’augmenter le SMIC ou de réindexer les retraites. Bien sûr, certaines mesures soulageront à court terme ceux, minoritaires, qui en bénéficieront. Mais ce sont bien les salariés qui paieront ces mesures car elles seront financées en ponctionnant les organismes sociaux, c’est-à dire en prenant sur le salaire différé.

Du côté de FOCom, nous avons exigé par lettres ouvertes, tracts et pétitions que les dirigeants de La Poste et d’Orange fassent des gestes financiers immédiats pour les personnels. À l’heure ou ces lignes sont écrites, des premières mesures ont été concédées mais cela reste très insuffisant ; l’urgence sociale, c’est l’augmentation générale des salaires et des traitements.

Ce que nous sommes déterminés à obtenir lors des négociations salariales qui s’ouvrent.

Nous donnerons une énième fois un conseil à nos dirigeants : avant qu’il ne soit trop tard, écoutez les organisations syndicales.

Philippe CHARRY