édito

L’urgence de nouvelles solidarités…

Après les multiples aides aux entreprises, le gouvernement continue de dérouler ses nombreuses initia-tives de « sauvetage » du monde économique. Aujourd’hui, elles se déclinent au travers d’un plan de relance de 100 milliards d’euros et d’une baisse d’impôts aux sociétés de près de 20 milliards. Il est toujours étonnant de constater la quasi automaticité et universalité des aides aux employeurs alors que les coups de pouce au salariat sont subordonnés à conditions et vérifications ! Quelque peu oubliés les derniers de cordées, salariés du monde de la santé mais aussi caissiers, éboueurs, chauffeurs rou-tiers… et employés des services publics. Ils étaient et demeurent pourtant plus vitalement nécessaires que les champions du CAC 40.

Les problèmes sociaux ne trouveront pas de réponses avec le retour du néolibéralisme. La libre concur-rence aggrave les inégalités sociales en confiant un gigantesque pouvoir aux puissances financières. Si jusqu’ici la crise a été à peu près surmontée, c’est parce qu’on a augmenté les dépenses là où on les réduisait, parce que l’État a repris les rênes là où on lui interdisait toute intervention. Pour bâtir durablement le monde d’après, il nous faut réduire l’hyper-capitalisme, réformer notre régime fiscal, assurer les recettes de la sécurité sociale, contrôler la spéculation boursière, contrer l’évasion fiscale…

En attendant, la réponse du gouvernement et des entreprises aux salariés et fonctionnaires est celle de l’austérité. Il n’est pourtant pas si loin le temps où toute la Nation reconnaissait le rôle indispensable de millions de salariés, notamment les salariés de « deuxième ligne », et s’indignait de l’insuffisance de leurs salaires et de leur reconnaissance ! Faire échec à la crise économique passe par les éléments essentiels d’une relance par la consommation intérieure, le maintien des emplois et l’augmentation des salaires.

Bien qu’Orange n’ait pas connu de difficultés financières durant ces derniers mois, son PDG prévoit réduction des coûts et suppressions d’emplois…

La Poste quant à elle, après avoir remercié ses agents, accélère ses projets de délocalisation et d’ex-ternalisation et annonce une prime d’intéressement à 0 pour 2021...

Les militants le savent bien : il va falloir mettre les bouchées doubles si on ne veut pas que le monde d’après soit pire que celui d’avant, si on veut tirer les leçons économiques et sociales provoquées par cette pandémie. Les ordonnances gouvernementales n’ont pas réussi à entraver notre action syn-dicale, ce n’est pas maintenant que l’on va se laisser museler. Bien au contraire, la justesse de nos revendications dans nos secteurs mais aussi au niveau interprofessionnel par dans nos combats : em-plois, conditions de travail, santé et sécurité, protection sociale, services publics… Et c’est avec ces revendications mais aussi notre présence sur les sites, dans les bureaux, directions, établissements que nous partons aujourd’hui en campagne électorale dans le cadre des élections au Conseil d’Administration de La Poste et au Conseil de Surveillance de l’actionna-riat Orange (FCPE). Non pas pour cogérer, mais pour y défendre l’intérêt des salariés dans les décisions stratégiques qui feront La Poste et Orange de demain. Avec nos valeurs, notre énergie, notre détermination et notre indépendance, aidons à la construction du monde d’après !

Christine BESSEYRE