édito

Des chiffres, des hommes… et des femmes…

26 milliards

Avec un chiffre d’affaires pour 2019 de 26 milliards d’euros, en progression de 5,2 % et ce malgré un manque à gagner de 690 millions d’euros dû à la chute des volumes du courrier (7,8 %), la Poste vient de publier de solides résultats démontrant ainsi sa capacité à se réinventer et à rester une entre-prise publique performante. Diversification des activités, acquisition de BRT, leader du colis en Italie, ou encore concrétisation du rapprochement de la Banque Postale et de la CNP, telles sont les raisons invoquées par le Groupe pour expliquer cette bonne santé économique. Ces résultats sont le produit de l’implication des hommes et des femmes qui, par leur professionnalisme et leur adaptabilité ont permis à la Poste de s’adapter et d’avancer. Or, en guise de remerciements, la Poste vient de rogner sur l’intéressement et les salaires s’annoncent en berne pour 2020. Une revalorisation salariale significative aurait pourtant été la meilleure considération pour des postiers qui subissent réorganisations de plus en plus tendues, manque d’effectifs, pression commerciale et qui, de fait, voient leurs conditions de travail se dégrader. Il n’y a de richesse que d’Homme.

100

Il y a 100 ans, les femmes obtenaient le droit de se syndiquer sans le consentement de leur mari. De-puis, de nombreux combats ont été gagnés : 1944 pour pouvoir voter, 1965 pour pouvoir travailler et ouvrir un compte bancaire sans l’aval de son époux, 1970 pour que soit reconnue l’égalité dans le couple. Côté salaire, malgré de nombreuses lois, les écarts persistent ; la notion de « A travail égal, salaire égal » est loin d’être la norme. À l’occasion de la journée de lutte des droits des femmes, nos camarades d’Orange ont écrit à leur PDG pour réclamer, une fois de plus, la prise en charge par l’entreprise de la sur cotisation temps partiel pour la retraite. Une demande d’autant plus légitime que les répercussions des inégalités professionnelles sur les niveaux de retraite sont considérables, de l’ordre de 42 % et que la réforme de la retraite, si elle voyait le jour, creuserait un peu plus ces inégalités. Et nos camarades de nous rappeler qu’il est de notre combat militant de faire de chaque jour un 8 mars et que le droit des femmes n’est pas seulement un élan féminin… Le 8 mars c’est toute l’année ! Combattons toutes les inégalités !

49.3

Ça tombe comme un couperet et surtout ça en dit long sur l’entêtement gouvernemental. Malgré plus de 3 mois de mobilisation, le gouvernement, s’appuyant sur des analyses mensongères, sans évaluation financière objective et sincère, contre pratiquement tout le monde, MEDEF compris, passe donc en force. Son obstination à ignorer nos analyses, pourtant partagées jusqu’au Conseil d’État, et à refuser d’étudier nos propositions en matière d’emploi des seniors, de précarisation de l’emploi, de bas salaires ou encore d’égalité hommes-femmes, est à la hauteur de son mépris. Raison supplémentaire pour amplifier la mobilisation. Il faut sauver les droits collectifs et la solidarité en général, garder notre système de protection sociale via le paritarisme et donc notre liber-té syndicale à négocier la part du salaire différé. Soyons convaincus de la justesse de notre combat, soyons nombreux en grève et dans la rue pour exiger le retrait du projet de réforme des retraites. Face au mépris gouvernemental, opposons notre rage de gagner.

Encore et toujours, déterminés
Résister encore et toujours…

Christine BESSEYRE