édito

notre place légitime

Le « grand débat », n’a réglé aucune des questions fondamentales posées au pouvoir politique. En réalité, il avait pour fonction de créer des oppositions aux revendications, celles portées par des mouvements comme les gilets jaunes mais surtout celles portées depuis longtemps par Force Ouvrière : l’augmentation des salaires et des traitements, la généralisation des aides au transport, la défense du service public, la justice fiscale, etc. Pire, le grand débat a été un instrument pour tenter de discréditer les organisations syndicales porteuses des revendications des salariés.

Mais la légitimité qui nous est contestée est pourtant bien réelle : les syndicats ont en France beaucoup plus d’adhérents que toute autre forme d’organisation volontaire. Nous constatons même, en ce qui concerne FO Com, que notre nombre d’adhérents se maintient alors même que les effectifs des entreprises de notre champ de syndicalisation diminuent : cela signifie que la part des personnels qui se syndique chez nous augmente. Les taux de participation aux élections professionnelles font pâlir d’envie les politiques. Notre utilité est donc reconnue par ceux que nous représentons. Nous pouvons même ajouter que dans la situation de chaos que nous traversons, l’organisation syndicale est un repère, un point d’appui pour tous les salariés qui cherchent une issue à leurs difficultés.

Enfin, on voit bien que le gouvernement veut utiliser le grand débat pour accélérer la mise en oeuvre de sa politique, c’est-à-dire la remise en cause de notre système social fondé sur les cotisations pour en faire un système étatisé fondé sur l’impôt (la CSG).

Nous avons largement dénoncé cette politique destructrice et nous avons engagé le combat pour y faire échec. Le 19 mars a été une initiative importante dans cette voie. Nous allons tout mettre en oeuvre pour amplifier l’action en particulier dans la perspective de sauvegarder nos régimes de retraites.

Si d’aventure, prenant prétexte des conclusions du grand débat, le gouvernement tentait de faire passer sa politique par référendum, ce serait un moyen de tenter de nous exclure à nouveau et de nier le dialogue social. Ce serait aussi extrêmement destructeur pour la démocratie.

Nous nous y opposerions avec tous nos moyens d’organisation syndicale indépendante. Et dans tous les cas de figure, nous occuperons notre place légitime, incontournable, pour que les intérêts de salariés soient portés comme ils doivent l’être face aux contre réformes.

Philippe CHARRY