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Le télétravail ne doit pas isoler

Dans son article 24 l’ordonnance Macron de 2017 entend favoriser le télétravail. Pas de quoi révolutionner notre situation à Orange où nous avons un accord à durée indéterminée que nous avons signé en 2013 et complété par un avenant en 2017. Il fixe le temps de présence dans l’entreprise à 2 jours par semaine minimum (à noter que, pour FOCom, ces 2 jours devraient pouvoir être effectués sur un site distant). Un garde-fou contre la perte de lien social et l’isolement. Actuellement quelques startups adoptent la politique du « sans bureaux » et donc du télétravail à 100% chez soi. Elles recourent à des pratiques qui en disent long sur la déshumanisation qui en découle : se dire bonjour le matin via un outil comme Slack (!), participer à des groupes de fitness ou de méditation à travers une webcam, mettre un robot en ligne (!) pour demander aux salariés chaque lundi des nouvelles de leur weekend, utiliser un canal « commendation » pour faire des éloges à un collaborateur qui travaille bien et un canal « complain » pour lui spécifier ce qu’il doit modifier… Ça fait peur, non ?

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Peut-on en rire ?

L’entreprise vous stresse, vous subissez une charge de travail excessive, un management pervers, un environnement anxiogène, la précarisation ou des contraintes de rentabilité insupportables ? Rigolez ! Votre problème et sa résolution sont en vous : rigolez ! Ou alors méditez ! Car votre salut peut aussi se trouver dans la « méditation de pleine conscience ». Toutes ces techniques de « développement personnel » prospèrent dans le monde de l’entreprise, promues par des « experts » généralement auto-proclamés, et fort détendus sauf concernant leur business pour lequel ils ne plaisantent pas du tout. Articles, livres, conférences, stages, coaching en entreprise pour salariés stressés… la souffrance au travail est en effet devenue un marché juteux, dont l’essor satisfait de plus en plus d’employeurs qui préfèrent que leurs salariés rigolent et méditent plutôt qu’ils combattent pour améliorer leurs conditions de travail et leur salaire. Comme l’avoue avec une certaine candeur Corinne Cosseron, directrice de l’École internationale du rire et importatrice du concept de rigologie en France, « le rire répare point par point tout ce que les effets du stress détruisent. Non seulement le salarié va aller mieux (il ne va pas se suicider, il n’ira pas voir chez le concurrent), mais, en plus, l’entreprise va gagner en productivité. Donc c’est du gagnant-gagnant. »
Ce ne serait aussi affligeant, on en rigolerait !
(voir les articles du Monde diplomatique de juillet 2019 « rigolez vous êtes exploité » et du Canard enchaîné du 24 juillet « le business de la méditation gagne le ministère de la Santé »).

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Retraites : des écarts inadmissibles (presque du simple au double) entre les hommes et les femmes

Selon la dernière enquête du service de statistiques du ministère de la Santé (Drees) publiée le 16 juillet, les trois quarts des retraités résidant en France devaient se contenter fin 2016 d’une pension totale inférieure à 2.000€ par mois, les femmes touchant en moyenne 1.099€ bruts contre 1.908€ pour les hommes.
Parmi les facteurs évoqués pour expliquer de telles disparités figure la durée des carrières. Ainsi, les femmes retraitées valident en moyenne 35 années contre 40,5 pour les hommes. La durée moyenne est de 37,6 et la durée médiane est de 41 années. Au total, seule la moitié des femmes bénéficient d’une carrière complète contre 80% des hommes.
L’autre raison est que les salaires féminins restent bien en deçà de ceux des hommes. Les postes de cadre sont moins occupés par des femmes et elles travaillent plus souvent dans des secteurs comme le commerce de détail ou les services, où les salaires demeurent relativement bas. Donc, même si les femmes avaient eu une carrière complète, l’écart avec les hommes serait tout de même de 29%, contre 42% actuellement.
Les reversions de pensions réduisent les disparités
La réversion des pensions de retraites aux femmes veuves a tendance à réduire les disparités, celles-ci étant surreprésentées dans la population veuve en raison notamment d’une plus grande espérance de vie. Les conditions de ressources nécessaires pour toucher cette réversion excluent plus souvent les hommes que les femmes. D’après les calculs de l’organisme de statistiques, l’écart entre les pensions versées par les hommes et celles des femmes seraient de 29% en prenant en compte ce paramètre.

Ces données justifient notre attachement au système actuel de réversion des pensions qui corrige partiellement les inégalités… Sans toutefois régler le problème de fond dont nous attendons qu’il soit enfin traité – ce que ne prévoit pas la « réforme des retraites » préparée par le gouvernement.

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