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Les transformations AVEC ou SANS les salariés ?

Les transformations organisationnelles, immobilières, structurelles s’intensifient dans le groupe ORANGE sans pour autant en donner la vision aux salariés faute de communication de la Gestion Prévisionnelle des Emplois et Compétences (GPEC) de la période 2019-2021. Celle-ci est pourtant la pierre angulaire du dialogue social identifiée dans le code du travail comme la méthode visant à adapter à court et moyen terme les besoins en emplois, effectifs et compétences issues de la stratégie et de l’environnement économique de l’entreprise.
Elle doit ainsi permettre aux salariés de disposer des informations et des outils dont ils ont besoin pour être les acteurs de leur parcours professionnel au sein de l’entreprise ou dans le cadre d’une mobilité externe.
Au-delà de la connaissance des évolutions des métiers et des activités en termes de besoin et de localisation, elle précise les dispositifs de formations, le cadre et les modalités d’accompagnement d’une mobilité ou d’une évolution professionnelle.
Le plus incompréhensible est que bon nombre d’accords renvoient à cette GPEC. Son absence de publication les rend vides de sens, inapplicables.
Le travail est pourtant bien réalisé par les directions métiers et supports dans le cadre des exercices budgétaires qui leur sont demandés ou dans le cadre des nombreux projets immobiliers qui recensent effectifs, métiers et activités plusieurs années à l’avance. Malheureusement, en toute contradiction avec les engagements pris par la direction, cela n’est jamais redescendu vers les salariés qui ne peuvent, faute de visibilité, trouver une alternative à ce qui leur est imposé.
Y aurait-il des choses à cacher ou simplement doit-on comprendre que la gestion de l’emploi, dorénavant prérogative des ancrages territoriaux (DO), est inopérante ?

Le statut de fonctionnaire mis à mal

Avec la parution, le 7 août, au Journal Officiel du texte de loi de transformation de la Fonction Publique se concrétise la disparition d’une certaine conception républicaine de celle-ci adossée au statut des fonctionnaires garant de leur impartialité et de leur neutralité dans l’exercice de leurs missions. Ainsi en instaurant un nouveau type de CDD, le contrat de projet d’une durée de un à six ans, cette loi accélère la précarisation des personnels des 3 fonctions publiques et porte une atteinte inadmissible à leur statut.

Le télétravail ne doit pas isoler

Dans son article 24 l’ordonnance Macron de 2017 entend favoriser le télétravail. Pas de quoi révolutionner notre situation à Orange où nous avons un accord à durée indéterminée que nous avons signé en 2013 et complété par un avenant en 2017. Il fixe le temps de présence dans l’entreprise à 2 jours par semaine minimum (à noter que, pour FOCom, ces 2 jours devraient pouvoir être effectués sur un site distant). Un garde-fou contre la perte de lien social et l’isolement. Actuellement quelques startups adoptent la politique du « sans bureaux » et donc du télétravail à 100% chez soi. Elles recourent à des pratiques qui en disent long sur la déshumanisation qui en découle : se dire bonjour le matin via un outil comme Slack (!), participer à des groupes de fitness ou de méditation à travers une webcam, mettre un robot en ligne (!) pour demander aux salariés chaque lundi des nouvelles de leur weekend, utiliser un canal « commendation » pour faire des éloges à un collaborateur qui travaille bien et un canal « complain » pour lui spécifier ce qu’il doit modifier… Ça fait peur, non ?

Peut-on en rire ?

L’entreprise vous stresse, vous subissez une charge de travail excessive, un management pervers, un environnement anxiogène, la précarisation ou des contraintes de rentabilité insupportables ? Rigolez ! Votre problème et sa résolution sont en vous : rigolez ! Ou alors méditez ! Car votre salut peut aussi se trouver dans la « méditation de pleine conscience ». Toutes ces techniques de « développement personnel » prospèrent dans le monde de l’entreprise, promues par des « experts » généralement auto-proclamés, et fort détendus sauf concernant leur business pour lequel ils ne plaisantent pas du tout. Articles, livres, conférences, stages, coaching en entreprise pour salariés stressés… la souffrance au travail est en effet devenue un marché juteux, dont l’essor satisfait de plus en plus d’employeurs qui préfèrent que leurs salariés rigolent et méditent plutôt qu’ils combattent pour améliorer leurs conditions de travail et leur salaire. Comme l’avoue avec une certaine candeur Corinne Cosseron, directrice de l’École internationale du rire et importatrice du concept de rigologie en France, « le rire répare point par point tout ce que les effets du stress détruisent. Non seulement le salarié va aller mieux (il ne va pas se suicider, il n’ira pas voir chez le concurrent), mais, en plus, l’entreprise va gagner en productivité. Donc c’est du gagnant-gagnant. »
Ce ne serait aussi affligeant, on en rigolerait !
(voir les articles du Monde diplomatique de juillet 2019 « rigolez vous êtes exploité » et du Canard enchaîné du 24 juillet « le business de la méditation gagne le ministère de la Santé »).