Orange

Le rachat de Jazztel doit se faire sans licenciements

Le rachat de Jazztel par Orange a finalement été autorisé moyennant d’importantes concessions.
Orange devrait céder le réseau optique de la société espagnole (700.000 prises FTTH) et louer à un concurrent son réseau ADSL (à un tarif réglementé). Ces conditions imposées par l’autorité “anti trust” européenne rendent l’opération économiquement beaucoup moins intéressante. Mais surtout, et c’est ce qui nous préoccupe prioritairement en tant que syndicat, 400 licenciements seraient prévus en Espagne, à Madrid essentiellement. Nous réaffirmons que les consolidations doivent se réaliser sans casse sociale.

Fin de polémique entre Orange et Israël

Selon un communiqué publié ce mardi, le groupe français et l’israélien Partner sont parvenus à un accord qui devrait permettre à Orange de reprendre le contrôle de sa marque dans les 24 mois moyennant le versement d’un montant maximum de 90 millions & à Partner.
Début juin, la volonté de reprise de contrôle de la marque en Israël par Orange avait suscité de vives polémiques dans le pays. Les propos de Stéphane Richard avaient été interprétés, jusqu’au plus haut sommet de l’Etat, comme une volonté de quitter le pays, de céder aux appels au boycott d’Israël.
Au contraire, la Direction d’Orange affirme vouloir rompre avec une situation héritée d’un contrat précédent avec un droit d’utilisation quasi éternel et pouvoir de nouveau utiliser sa marque afin de mieux mettre en place sa politique stratégique et développer ses activités dans le pays, en particulier dans le domaine de la recherche et développement.
FOCom s’est volontairement tenue à l’écart de cette polémique manifestement infondée.

Baromètre social : loin du réel

Le baro­mètre social du 1er se­mestre 2015 dresse un bilan très positif : 92 % des salariés sont «fiers de travailler chez Orange», 59 % estiment que la qualité de vie au travail y est meilleure que dans les autres entreprises. 86 % recommande­raient Orange comme «une entreprise où il fait bon travailler». Et Bruno Mettling se félicite : «Cinq ans après la crise, le baromètre affiche ses meilleurs résultats depuis 2010, sur l’adhésion aux valeurs de l’entreprise, les conditions de travail, la rémunération et le management». Pourtant les tensions sont palpables dans les services où le manque de personnel rend les conditions de travail de plus en plus difficiles. Nous constatons que le baromètre ne reflète pas la réalité du terrain. Il y a urgence à ce que la Direction en prenne conscience, qu’elle crée les emplois nécessaires et corrige les dysfonctionnements. Par exemple ceux liés aux réorganisations incessantes et à la digitalisation réalisée à marche forcée (ainsi, 51% des personnels identifient le respect de l’équilibre vie privée/vie professionnelle comme un enjeu).

Orange obligée d’entretenir les lignes téléphoniques fixes

L’Assemblée nationale a adopté mi mai à l’unanimité, avec le soutien du gouvernement, une proposition de loi accroissant les obligations, mais aussi les moyens juridiques, d’Orange pour entretenir le réseau des lignes téléphoniques fixes. Qualifiant d’utilité publique les opérations d’entretien des réseaux, le texte alourdit les amendes que peut prononcer l’ARCEP en cas de défaillance : jusqu’à 5% du chiffre d’affaires (contre 3% actuellement) et jusqu’à 10% (au lieu de 5%) en cas de récidive. L’opérateur historique devra remettre à l’ARCEP un rapport sur l’état des lieux détaillé de son réseau fixe, dont les élus locaux pourront avoir communication, à condition que cela ne porte pas atteinte au secret des affaires. Enfin, la proposition de loi rétablit au profit d’Orange «la servitude d’élagage» supprimée il y a une vingtaine d’années, c’est-à-dire la possibilité pour l’opérateur de faire élaguer à la place des propriétaires de terrains des branches d’arbres menaçant les lignes téléphoniques, et permet au maire de se substituer à l’opérateur le cas échéant. FOCom ne peut que réjouir qu’il soit mis fin à une dégradation du réseau faite d’entretien dans des zones rurales souvent encore dépourvues de couverture mobile et où l’accès à l’internet passe quasiment exclusivement par le réseau cuivre d’Orange. Nous réclamons que les moyens soient à la hauteur de ces légitimes obligations qui doivent être considérées comme du service public et compensées comme tel.

Les emplois encore sacrifiés

En 2014 les emplois directs des opérateurs ont diminué de 3 200 pour tomber à 122 000. Ce chiffre ne prend en compte ni les distributeurs, ni les entreprises prestataires de services (consultants, sociétés d’études, centres d’appels), ni les équipementiers. L’investissement a également chuté de 3,5%, il est estimé à 6,9 milliards d’euros. Les revenus sont en recul de 3,4% à 36,8 milliards d’euros hors taxes. En cause principalement, outre les nombreux plans de restructuration : les prix dans le mobile en baisse de 10 % en 2014 après une chute de 26,3 % en 2013. Depuis l’irruption, en 2012, de Free sur le marché avec ses tarifs sacrifiés, cela représente environ 6 ou 7 milliards. Aucun secteur industriel n’a connu un recul de ses prix de 40 % en trois ans ! Une aberration quand on connaît l’effort demandé dans le même temps à ce secteur en termes d’investissement, en particulier dans le très haut débit et l’innovation (chiffres publiés par l’Arcep le 28 mai).