Orange

Orange : la campagne est ouverte

Selon Le Point une note non signée circulant à l’Élysée préconise un changement de stratégie et de gouvernance pour Orange. Il est reproché au groupe d’avoir “privilégié une posture de repli” et “quitté le top 10 des opérateurs mondiaux”. Il serait “aujourd’hui débordé même sur le territoire national par des concurrents plus audacieux”.qu’il faudrait « mettre en place un nouveau plan d’investissements conséquents sur deux ans dans la recherche et les infrastructures pour revenir dans le jeu ». On croit rêver ! Les gouvernements successifs ont tout fait pour affaiblir « l’opérateur historique » au nom d’un libéralisme absurde dont l’arrivée du 4ème opérateur a été le point culminant. Et maintenant on (dans les allées du pouvoir) rend l’entreprise responsable de la situation dont elle est victime. Aussi doutons-nous que ce soudain intérêt pour la place et l’avenir d’Orange soit dicté par une subite bienveillance à son égard. N’y aurait-il pas plutôt un lien avec la campagne qui bat son plein pour la présidence du groupe ?

Résultats d’Orange : des fruits à partager

Orange a confirmé jeudi 25 octobre ses perspectives pour 2017 après un 9eme trimestre consécutif de hausse de son chiffre d’affaires (10,27 Mds d’euros au T3 en hausse de 0,9% à base comparable) porté par la poursuite du redressement sur le marché historique français (320.000 ventes nettes de forfaits mobiles).
Le résultat d’exploitation ajusté a progressé de 2,1% pour s’établir à 3,62 Mds, en dépit de l’impact de la fin des frais de roaming en Europe qui a pesé 83 millions.
Les investissements dans le réseau THD fixe et mobile (7,3 Mds d’euros pour cette année) ont notamment permis de reconquérir les centres urbains grâce aux offres fibres.
A noter une nouvelle fois la contreperformance boursière en dépit de résultats commerciaux en net redressement : le titre établi à 13,71 euros (ce qui donne une capitalisation boursière de 36,5 Mds d’euros) affiche un recul de près de 4% depuis le début de l’année dans le sillage de l’ensemble des valeurs européennes en baisse de 2,8% mais en net retrait par rapport à Free (Iliad) +16,3% et Bouygues Telecom +18,4%.
Ceci s’explique pour partie par la perspective d’une vente de tout ou partie de la participation de 23% de l’Etat au capital, par l’intensité concurrentielle sur le marché français et par le niveau élevé des investissements.
La direction a par ailleurs annoncé la prise le contrôle de la société Business & Decision afin d’accélérer la croissance de la division Orange Business Services dans le traitement des données et a confirmé le lancement d’Orange Bank la semaine prochaine.
Se félicitant de ces bons résultats portés par les personnels, FOCom demande, outre le maintien d’un haut niveau d’investissement, la réinternalisation des activités, la création des emplois nécessaires et une amélioration des conditions de travail, des promotions et des rémunérations.

Bruits autour de la privatisation d’Orange

Selon une rumeur relayée par Les Échos, l’Élysée aurait sondé, en catimini, Altice, Bouygues Telecom et Vivendi sur leur intérêt à reprendre tout ou partie de la part de l’État dans le capital d’Orange. Il rechercherait un acheteur crédible prêt à investir 8 Mds € dans Orange, ce qui représente les 23% qu’il détient actuellement au travers de la BPI et de l’APE. Si l’affaire se faisait à ce niveau, cela signifierait une privatisation totale.
Par ailleurs le quotidien souligne qu’ »une cession des parts à Bouygues Telecom ou Altice relancerait la consolidation du marché des télécoms. Ainsi, au cas où Altice venait à faire son entrée au capital de l’opérateur historique, le groupe de Patrick Drahi serait dans l’obligation de revendre SFR, concurrence oblige, et Bouygues Telecom pourrait alors se positionner… L’Arcep, quant à elle, ne cesse de répéter qu’une consolidation du secteur n’a plus de sens aujourd’hui »… Bref personne ne sait encore rien !
Pour ce qui nous concerne, nous rappelons notre opposition à tout nouveau désengagement de l’Etat, qu’il soit total ou partiel.

Le baromètre social.. moins social

La campagne 2017 du nouveau « baromètre salarié » sera lancée le 9 novembre sur une période de trois semaines. Construit en miroir de la promesse autour de trois groupes d’indicateurs, compétences, agilité et engagements, il se déclinera sur 49 questions (dont une ouverte) sur le périmètre Groupe et devrait refléter (nous citons), « la philosophie de la promesse Orange ».
Dans la continuité d’Essentiel 2020 et de son plan d’économie Explore 2020 accélérant les suppressions d’emplois, ce baromètre marque une rupture avec le précédent. Il sera moins axé sur l’humain et davantage la priorité de « faire vivre aux clients une expérience incomparable ». Si nous comprenons l’élargissement du périmètre de salariés sondés au niveau du Groupe, nous nous interrogeons sur la mesure qui pourra être faite de l’état d’esprit des personnels ainsi que de leurs aspirations, puisque le questionnement se fera essentiellement sur la mise en œuvre de la promesse employeur. Nous souhaitons donc qu’une information soit faite en CNHSCT afin d’avoir une vision plus axée « terrain » de la mesure de la performance sociale de l’entreprise. Seule une participation massive des salariés permettra une analyse exhaustive des problématiques constituant le quotidien de la force humaine de l’entreprise.

FOCom s’oppose à tout nouveau désengagement de l’État dans le capital d’Orange

Concernant la liste des cessions de titres que l’exécutif entend céder, le commissaire aux participations de l’État a annoncé mercredi lors d’une audition devant une commission  de l’Assemblée nationale que l’exécutif prendra sa décision dans le courant de l’automne. Ces opérations devraient alimenter un fonds de 10 milliards d’euros, dont les produits sont censés financer à hauteur d’environ 200 millions par an des investissements dans des secteurs innovants. En dehors d’ADP et d’Engie, les entreprises les plus souvent  citées sont la Française des Jeux, Renault, Safran et… Orange. FOCom rappelle sa totale opposition à toute nouvelle cession des parts détenues par l’État dans le capital d’Orange. L’opérateur historique fait partie, selon nous, des entreprises stratégiques dans le capital desquelles l’État entend rester. Il n’y a pas que la défense, l’énergie nucléaire ou les mines qui soient « stratégiques ». Le numérique et les télécoms, secteur innovant s’il en est,  constituent un enjeu majeur pour l’avenir économique du pays comme pour la sécurité (des réseaux, des serveurs, des données…).