Orange

Question de mentalité

La direction lance un « nouveau mode de recrutement : la cooptation ». En fait, il avait déjà été prévu dans le nouveau contrat social de 2010-2011 que les salariés d’Orange puissent proposer des personnes au recrutement externe. Cela correspondait à une demande et c’était une forme de reconnaissance. La nouveauté aujourd’hui c’est que, si le candidat proposé est embauché, le salarié bénéficiera d’une prime de 1000 euros. Cette opération nous paraît très discutable dans son principe. Transformer les salariés qui proposent des candidats en chasseurs de primes est plus que limite. Outre le changement radical de mentalité que cela implique, tous ne seront pas à égalité dans cette chasse. Seuls 21.000 salariés ont été sélectionnés pour le PoC Cooptation (Proof of concept) et les plus disponibles, ayant un carnet d’adresses bien rempli et une bonne connaissance des postes à combler, seront, bien évidemment, avantagés. Nous souhaitons que cette opération test de 6 mois ne soit pas renouvelée.

Etre Orange demain…

Fabienne Dulac lance quatre chantiers pour construire l’après crise sanitaire. Mais, annonce-t-elle d’emblée, si cette crise nous a impactés on garde le cap établi par le plan stratégique Engage 2025. C’est donc fortement encadrés qu’évolueront ces groupes d’études.

Ainsi peut-on s’interroger sur la marge de manœuvre permise pour ajuster la stratégie du groupe et nos priorités aux impacts de la crise et en particulier pour aménager nos trajectoires financières. Quelle sera la place laissée à l’humain dans ces projets ? Les salariés devront-ils continuer, quoi qu’il leur en coûte, à se mettre en conformité avec ce qui leur est présenté comme impératif et indiscutable, ainsi qu’ils ont dû le faire tout au long du confinement ?

La première « piste de travail » du « think tang d’anticipation » (!!!) mis en place par la directrice d’Orange France part du constat que « seulement 25% des salariés qui étaient dans l’entreprise en 2015 seront encore là en 2025« . C’est donc bien sur la capacité d’adaptation des personnels que tablent nos penseurs de ce laboratoire d’idées qui se propose de « sortir des conventions » et de « casser les codes ». Mais qui dit adaptabilité ne dit pas ingénuité.

La jeune génération, pas plus que les « salariés plus expérimentés », n’acceptera la dégradation de ses conditions de travail et le manque de reconnaissance.

Nouveau Comex : pour quel « monde d’après » ?

Nous venons d’apprendre le remaniement du comité exécutif d’Orange. Le communiqué de la direction explique que la « nouvelle équipe sera engagée autour de Stéphane Richard pour accélérer la mise en œuvre du plan stratégique du Groupe« . Nous espérons que cette « nouvelle organisation repensée après la période de crise sanitaire d’une ampleur inédite » tiendra compte des leçons de cette crise comme s’y est engagé notre PDG.

Pour FOCom, le monde de demain doit en effet remettre au centre de l’organisation et des priorités les aspects sociaux,  humains et environnementaux. Très concrètement cela signifie par exemple de repenser les espaces de travail et d’abandonner le tout openspace et le tout flex ce qui ne semble pas être le cas aujourd’hui.

Cela doit se traduire aussi par une politique de rétribution ambitieuse à contractualiser lors de la négociation salariale en cours avec l’octroi d’une prime de reconnaissance de l’engagement de tous les salariés et faisant de 2020 l’année du treizième mois de salaire à Orange. Pour ce faire, nous espérons que Gervais Pellissier, dans son nouveau costume de directeur des ressources humaines et de la transformation du Groupe, sera attentif à nos revendications et oubliera ses réflexes d’ancien directeur financier.

Stéphane Richard en tête du top 10 des patrons qui ont le mieux communiqué pendant la crise sanitaire

Ce classement réalisé par APCO Worldwide, cabinet indépendant de conseil en communication et en affaires publiques, se base sur différents critères : impact quantitatif et qualitatif, activité et présence dans la presse et sur les réseaux sociaux, engagements pris au nom de l’entreprise, mesures mises en oeuvre (primes, dons, ou baisse des rémunérations des dirigeants par exemple).

Pour expliquer la première place du PDG d’Orange, le cabinet souligne sa popularité sur les réseaux sociaux (notamment sur Twitter), le fait qu’il n’utilise pas la langue de bois, son omniprésence dans les médias et qu’“Orange fait partie des 10 entreprises félicitées par Bercy pour la réduction des délais de paiement auprès de ses fournisseurs”. Et qu’il ne porte pas de cravate quand il s’exprime dans les médias, gage de proximité et d’ancrage avec les codes de la société d’aujourd’hui…

Dans « la com » l’image compte en effet beaucoup, ce qui en montre la futilité et les limites. Quoi qu’il en soit, nous estimons que les engagements ne doivent pas être pris à la légère et être respectés. Aussi appelons-nous Stéphane Richard à tenir son engagement de ne pas recourir à la solidarité nationale c’est-à-dire au chômage partiel. Et de faire ainsi preuve de sa sincérité quant au maintien du pouvoir d’achat des salariés. Il ne s’agit plus de com mais de confiance, et elle « se gagne en gouttes et se perd en litres ».

Résultats du T1 : en progression malgré la crise sanitaire

Les résultats financiers d’Orange au premier trimestre, publiés ce jour, montrent la très bonne résistance de l’entreprise en ces temps de crise : le chiffre d’affaires du Groupe est en hausse de 1% et l’EBITDAal de 0,5%. Même si il n’y a eu que deux semaines de confinement au premier trimestre, on voit bien que l’impact de la crise est très limité.

Les grandes tendances préexistantes se confirment, avec une croissance du CA tirée par la zone Afrique-Moyen-Orient (+ 6,2%). Toutes les zones, y compris la France (+ 0,5%) et OBS (+ 0,8%), sont en croissance. Seule l’Espagne (- 2,4%) est en difficulté mais c’était déjà le cas avant la crise du Covid. La vente d’équipements est évidemment en baisse du fait du confinement. Le fixe traditionnel en France et le legacy OBS poursuivent logiquement leur décroissance. Les investissements (e-Capex) sont ralentis du fait de la crise et cela explique en partie la hausse du cash-flow opérationnel (+ 6,8%). Comme on le voit, les tendances fondamentales positives persistent pour l’instant. Les effets de la crise seront probablement plus sensibles au second trimestre mais tout indique que l’activité des télécommunications, et du numérique en général, est porteuse d’avenir et sortira renforcée de cette période douloureuse.

Ces bons résultats pour Orange sont le produit des efforts considérables fournis par les personnels du Groupe dans cette situation exceptionnelle. Ils comptent légitimement sur la juste reconnaissance de leur engagement. FOCom porte leur voix sans relâche auprès de la Direction.