Orange

« Engage 2025 » : les salariés en attente

La Direction d’Orange a annoncé ce mercredi son nouveau plan stratégique à l’horizon 2025. « Engage2025 » prend la suite du plan  « Essentiels2020 » lancé en 2015. Sur le plan financier, Orange vise une croissance annuelle de l’EBITDAaL comprise entre 2% et 3% par an en moyenne sur la période 2021-2023 et un cash-flow organique des activités télécoms en croissance entre 2020 et 2023 avec une cible comprise entre 3,5 et 4 milliards d’euros en 2023 (contre plus de 2 milliards d’euros en 2019). A ce stade on n’a pas beaucoup plus d’informations, Stéphane Richard ayant prévenu par mail à chaque salarié que le plan stratégique et « la raison d’être » seront détaillés le 10 décembre. FOCom réitère son exigence que les salariés soient au centre, que l’unité de l’entreprise soit maintenue et que les déclarations d’engagements tant sociaux qu’environnementaux n’en restent pas à des opérations de communication.

« Engage 2025 » : que deviennent les réseaux d’Orange ?

Dans le cadre de sa réunion dédiée aux investisseurs, à l’occasion de la présentation d' »Engage 2025″, une dimension importante, qui fut au centre des questions posées par les investisseurs, est la création, dès 2020, d’entités dédiées pour gérer les réseaux, en particulier les 40.000 « tours » de réseaux mobile, dans les pays où le groupe est présent en Europe. Cette opération de création de « TowerCos » est destinée à réduire les coûts d’investissement, par la cession partielle de ces entités, et pourrait se doubler d’opérations de « RAN sharing » pour optimiser encore les coûts de réseau. Ce type d’opération pourrait également se produire pour les réseaux fibre. Ainsi des « FiberCos » pourraient être créées dans plusieurs pays européens. En France, la filiale « Orange Concessions » portera la gestion des 4 millions de prises d’Orange dans les RIP. La Direction d’Orange s’est « engagée » à garder le contrôle de ces entités dans tous les pays européens où elles seront créées. A terme sera envisagé le regroupement de tout ou partie de ces TowerCos locales dans une TowerCo européenne, dont Orange garderait le contrôle majoritaire. « C’est un véhicule qui nous permettra un rôle éventuel de consolidation au niveau européen », a déclaré Stéphane Richard, lors de cette réunion des investisseurs.
FOCom s’opposera à toute opération qui aboutirait à ce qu’Orange ne soit plus maîtresse de ses réseaux.

A propos de la rumeur de fusion entre Orange et Deutsche Telekom

Un rapprochement entre Orange et Deutsche Telekom revient une nouvelle fois sur le tapis après une première tentative échouée entre mai et septembre 2017. Selon le quotidien allemand Handelsblatt, l’opérateur allemand examinerait actuellement cette possibilité, son PDG y voyant “d’énormes synergies à exploiter”. La Direction d’Orange a immédiatement démenti. Si Stéphane Richard a déjà évoqué une nécessaire consolidation à l’échelle européenne afin d’atteindre une taille critique permettant de mieux affronter des mastodontes comme les GAFAM… FOCom s’est déjà inquiétée des conditions de telles opérations qui ne doivent se faire que dans le respect des personnels, de leur statut, de leurs conditions de travail et des emplois. Dans le cas présent la dissymétrie est flagrante entre l’opérateur allemand qui est valorisé à 72 milliards d’euros contre 40 milliards pour Orange. Il y a également la participation des Etats dans les capitaux respectifs avec les fortes implications politiques qui en résultent. Et enfin si les deux opérateurs restent partenaires de longue date notamment sur les infrastructures et dernièrement le développement en duo de l’enceinte connectée Djingo, il reste que chacun a son histoire. Nous nous opposerions en particulier à une tentative de séparation des réseaux et des services au prétexte d’une fusion d’opérateurs.

Orange 2025 : vers une séparation des infrastructures ?

La presse annonce depuis quelques jours qu’un projet de séparation du réseau mobile serait en cours à Orange. Ce projet de « tower co » a déjà été réalisé par la plupart des grands opérateurs concurrents pour des raisons de valorisation boursière. Dans le cas d’Orange, la valeur des infrastructures mobiles, à l’échelle internationale, représenterait environ 10 milliards d’euros. On comprend que cela aiguise les appétits. Pour FOCom il est indispensable qu’Orange garde la maitrise de ses infrastructures. Orange est avant tout un opérateur d’infrastructures et c’est sur elles que le Groupe s’appuie pour développer ses relais de croissance. S’en séparer serait un risque majeur. FOCom veillera à ce que les projets à venir, en particulier dans le cadre de la stratégie 2025, ne remettent pas en cause ce principe.

Résultats trimestriels d’Orange : à l’aube d’un nouveau modèle ?

Les résultats trimestriels rendus publics ce jour montrent une évolution contrastée de l’activité du Groupe. La croissance globale du chiffre d’affaires s’améliore au T3 à +0,8%, surtout portée par la zone Afrique et Moyen-Orient. En revanche, l’EBITDAal (l’excédent brut) croit moins vite (+0,2%) du fait des moindres résultats en France et en Espagne. Pour ce qui concerne la France, si l’activité commerciale est solide, les chiffres reflètent l’intensité concurrentielle et le basculement de la structure opérationnelle d’Orange dans le cadre du remplacement du téléphone historique par le très haut débit. La réussite de la convergence se vérifie dans tous les pays. Le parc de client continue d’augmenter au niveau mondial avec une croissance particulièrement soutenue en Afrique. Le changement de modèle dans les pays historiques, et particulièrement la France avec la disparition du cuivre et l’instauration des RIP, est un enjeu critique qui devra être pris en compte dans le plan stratégique 2025. L’effort d’investissement devra être au moins maintenu et la croissance recherchée devra s’appuyer sur un personnel mobilisé et convaincu, donc bien traité et reconnu pour ses efforts.