Orange

Orange : l’ex France Télécom a encore des leçons à tirer du passé

Alors que le jugement du procès de France Télécom et de ses ex dirigeants, pour harcèlement moral, sera rendu en fin d’année, près de dix ans après la « crise sociale » de 2010 qui avait provoqué une vague de suicides parmi le personnel de l’opérateur historique des télécommunications, qu’en est-il des conditions de travail actuelles dans l’entreprise, devenue Orange en 2013 ?
Le tribunal correctionnel de Paris rendra son jugement le 20 décembre prochain dans le procès pour « harcèlement moral » ouvert en mai contre la personne morale France Télécom et sept de ses ex-dirigeants. La fédération FOCom qui figure parmi les 167 parties civiles (dont toutes les autres organisations syndicales), « espère que justice soit enfin rendue et que cela ne se reproduise jamais. »
Les faits remontent à près de dix ans, quand des dizaines d’agents de l’opérateur historique s’étaient suicidés. L’ambition des dirigeants aujourd’hui jugés était alors de supprimer 22.000 emplois le plus rapidement possible (plan Next). Les pressions étaient énormes. Les managers avaient pour consigne d’œuvrer en priorité à la réduction de leurs équipes. La seule filière Ressources Humaines avait vu le nombre de ses salariés passer brutalement de 3200 à 800… Lire l’article paru sur le site de la confédération FO

Derrière la disparition du Cloudwatt d’Orange

Avec la fin le 1er février de Cloudwatt, service d’hébergement sécurisé d’Orange, se pose la question du rôle de l’État dans la sécurité des données stratégiques et la souveraineté dans le numérique.
A son lancement en 2012, il s’agissait de l’une des deux têtes du « cloud souverain à la française ». Alors que l’enjeu est notre souveraineté nationale et l’intégrité de nos données stratégiques face à la domination américaine sur le marché de l’informatique en ligne, ni l’État ni les collectivités locales, qui auraient dû devenir les utilisateurs naturels de ces services, n’ont joué le jeu. Deux ans après son lancement, Cloudwatt ne recueillait que 2 millions de recettes, ce qui est totalement dérisoire face à Amazon, Microsoft et IBM. Bercy a sollicité à nouveau des entreprises du secteur pour la création de centres sécurisés  pour héberger les données sensibles de l’administration et des entreprises. Pourquoi repartir de zéro en tentant de créer « un cloud national stratégique », selon l’expression de Bruno Le Maire, au lieu de soutenir les clouds souverains existants pour garantir l’intégrité et l’autonomie stratégique sur nos infrastructures essentielles et sur nos données ? FOCom avait déjà soutenu cette vision au Comité Stratégique de la Filière Numérique. Mais la gabegie ne semble pas effrayer nos gouvernants pourtant si prompts à nous parler d’économies. L’État doit maintenant prendre ses responsabilités.

Le rapport du pôle psy d’Orange nous conforte

Le rapport annuel 2018 du pôle de psychologues du travail constate que : « Le vécu au travail et du travail des salariés s’est peu amélioré par rapport à 2017 sur les secteurs DEF (AE et AG pro/PME), AD, UI. » Son analyse rejoint celle de FOCom en ce que « les dysfonctionnements rencontrés dans ces services sont principalement liés à des ajustements structurels, sur lesquels la ligne managériale locale semble avoir peu de marges de manœuvre. » Les principaux facteurs de risques psychosociaux qu’ils observent sont ceux que nous dénonçons inlassablement : intensité et complexité du travail (charge mentale et charge de travail), accélération et multiplication des transformations (insécurité socio professionnelle, crainte de perte d’autonomie, perte de repères professionnelles), avec pour conséquence un sentiment de qualité de travail empêchée. Après l’enquête triennale sur les conditions de travail et le stress, ce rapport nous conforte dans notre exigence de recrutements massifs et d’une réelle prise en compte de l’humain dans les prises de décisions. Ainsi, la Direction doit entendre que « la multiplicité et le rythme des transformations entraînent une perte de repères et de sens du travail ». Et que « les managers sont de plus confrontés à la difficulté de porter la stratégie et le sens de ces transformations. »

Croissance retrouvée au 1er semestre : « Recrutez ! »

Commentant la publication des bons résultats du 1er semestre 2019, Stéphane Richard a conclu son discours en « remerciant chaleureusement l’ensemble des équipes d’Orange qui travaillent chaque jour à la satisfaction de nos clients et à la réussite du Groupe ». Ramon Fernandez, Directeur Financier du Groupe, précisait dans son blog que ces résultats « supposent cependant que nous poursuivions nos efforts d’efficacité et de transformation pour mobiliser durablement les ressources nécessaires au déploiement de notre stratégie au bénéfice de toutes nos parties prenantes ».
Lors de la présentation de ces résultats aux OS, FOCom a demandé des précisions sur les perspectives pour la fin de l’année. La Direction a confirmé qu’elle devra poursuivre la réduction des coûts, dont nous savons qu’elle se fait principalement par la baisse des effectifs, pour atteindre ses objectifs 2019. Dans une situation de tension sociale accrue et de difficultés opérationnelles importantes, nous réitérons notre revendication de recruter massivement pour remplacer les départs (4000 par an environ, rien que sur la France) et faire fonctionner correctement les services.

L’opérateur historique de nouveau attaqué

L’Association des Opérateurs de Télécoms Alternatifs (AOTA) a décidé de porter plainte contre Orange et de saisir l’Autorité de la concurrence. Les 47 membres de l’AOTA estiment en effet ne pas avoir suffisamment accès au réseau de l’opérateur historique et que celui-ci a des pratiques anticoncurrentielles et ralentit la numérisation des PME. Ne parvenant pas à se brancher suffisamment au réseau fibre d’Orange ils se plaignent d’être évincés du marché des entreprises. Un secteur particulièrement lucratif qui pèse environ 10 milliards d’euros, soit un tiers du marché français de télécoms.
Revient parallèlement la vieille exigence de scinder Orange en deux, une branche comprenant son infrastructure et une autre comprenant ses activités de service. A Orange donc de construire les réseaux à coup de milliards d’euros, (branche sur laquelle les concurrents ne se bousculent et ne se bousculeront pas) et aux opérateurs alternatifs de s’y brancher et de lui faire concurrence « à égalité » sur les services… On croit rêver !